Résumé de la décision
En date des 28 janvier 2014 et 10 avril 2015, M. B...A... a soumis des déclarations de sa situation patrimoniale à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique dans le cadre de son mandat en tant que représentant français au Parlement européen. Suite à une instruction contradictoire, la Haute Autorité a décidé, par délibération du 3 décembre 2015, d'informer le procureur de la République de faits supposément punissables à l'encontre de M. A... conformément aux dispositions de la loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013. M. A... a contesté cette délibération, demandant son annulation. La juridiction administrative, après examen, a rejeté la requête de M. A..., déclarant être incompétente pour traiter de ce type de contestation.
Arguments pertinents
Les principaux arguments de la décision reposent sur le fait que toute autorité constituée ou tout fonctionnaire ayant connaissance d'un crime ou d'un délit doit en informer le procureur de la République, conformément à l'article 40 du Code de procédure pénale. La décision de la Haute Autorité de transmettre un avis au procureur est inséparable de l’éventuelle poursuite judiciaire, rendant ainsi la compétence exclusive au domaine judiciaire. Il est précisé que :
> "L'avis donné par une autorité administrative au procureur de la République sur le fondement de ces dispositions et la décision de transmettre les éléments s'y rapportant ne sont pas dissociables de l'appréciation que peut porter l'autorité judiciaire sur l'acte de poursuite ultérieur."
Interprétations et citations légales
L'interprétation du dispositif légal est centrée sur le rôle des autorités administratives en matière de transmission d'informations aux juridictions compétentes. Les textes appliqués sont :
- Code de procédure pénale - Article 40 : Ce texte impose une obligation de transmission d'informations au procureur lorsqu'un fonctionnaire ou une autorité a connaissance d'un crime ou d'un délit.
> "Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit, est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République…"
Cette obligation de transmission souligne le caractère non seulement préventif mais également élargi des fonctions de l'autorité administrative, qui n'est pas habilitée à se substituer à l'autorité judiciaire.
Ainsi, dans cette décision, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a agi conformément à ses obligations légales, et le rejet de la requête de M. A... repose sur un fondement juridique solide, indiquant clairement que toute contestation relative à la délibération de la Haute Autorité doit être portée devant les juridictions pénales compétentes et non devant la juridiction administrative.