Résumé de la décision
La décision concerne la requête de M. B..., qui a demandé l'annulation pour excès de pouvoir de l'instruction de l’administration fiscale relative à l'interprétation des dispositions de l'article 1741 du Code général des impôts sur la fraude fiscale. Il soulevait un moyen soutenant que l'article en question méconnaissait les principes de légalité des délits et des peines, tels que garantis par l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Le Conseil d'État a rejeté la demande, considérant que l'interprétation contestée avait été jugée conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel, et qu'aucun changement de circonstances ne justifiait un nouveau renvoi.
Arguments pertinents
1. Non-renvoi au Conseil constitutionnel : Le Conseil d'État souligne que les mots contestés de l'article 1741, « soit qu'il ait volontairement dissimulé une part des sommes sujettes à l'impôt », ont été précédemment déclarés conformes à la Constitution par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2016-546 QPC, sans changement de circonstances. Ainsi, il n'est pas nécessaire de renvoyer cette question au Conseil constitutionnel à nouveau.
> "Ces mots de la première phrase du premier alinéa de l'article 1741 du code général des impôts ont été déclarés par le Conseil constitutionnel conformes à la Constitution, sous notamment la réserve énoncée au paragraphe 21."
2. Critères pour la saisine : Le Conseil d'État rappelle que, pour renvoyer une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), il est impératif que la disposition contestée soit applicable, qu'elle n'ait pas été antérieurement déclarée conforme, et que la question relève d'un caractère sérieux ou nouveau.
> "Il résulte des dispositions de ce même article que le Conseil constitutionnel est saisi de la question prioritaire de constitutionnalité à la triple condition que la disposition contestée soit applicable au litige ou à la procédure."
Interprétations et citations légales
- Code général des impôts - Article 1741 : Cet article prévoit des sanctions pénales pour ceux qui se soustraient frauduleusement à l’établissement ou au paiement d’impôts, y compris la dissimulation volontaire des sommes imposables. La clarté de cette disposition est mise en question par M. B..., mais elle a déjà été validée par le Conseil constitutionnel.
- Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 - Article 8 : Cet article garantit le principe de légalité des délits et des peines. M. B... invoque cet article pour argumenter que l’interprétation de l'administration pourrait entraver ces principes fondamentaux. Toutefois, le Conseil d'État n'a pas trouvé d'éléments nouveaux justifiant la réintroduction de cette question devant le Conseil constitutionnel.
En somme, la décision du Conseil d'État illustre l'importance des principes de légalité et de clarté dans les normes pénales, ainsi que le cadre procédural entourant les questions prioritaires de constitutionnalité.