Résumé de la décision
M. B... a déposé une plainte auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) concernant la RATP, suite à une demande d'accès à ses bulletins mensuels de pointage et fiches de paie pour la période de juin 2005 à juin 2016. La RATP avait répondu partiellement à sa demande, indiquant que certains documents étaient inaccessibles ou manquants. La CNIL a été saisie et, après plusieurs échanges, a clôturé la plainte de M. B... le 8 juillet 2019. M. B... a contesté cette clôture, demandant son annulation pour excès de pouvoir. Cependant, le tribunal a rejeté sa requête, estimant que la CNIL avait correctement appliqué la loi et que M. B... avait été en mesure d'exercer son droit d'accès aux données personnelles.
Arguments pertinents
1. Droit d'accès et durée de conservation : La décision souligne que la CNIL ne pouvait pas exiger de la RATP la communication des bulletins de pointage antérieurs à novembre 2008, car leur durée de conservation était échue à la date de la demande de M. B... Selon l'article 39 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, le droit d'accès doit être exercé sur des données qui sont encore conservées.
2. Prérogatives de la CNIL : Le tribunal a reconnu que la CNIL avait agi dans le cadre des missions qui lui sont imparties, notamment en recevant et en examinant les plaintes, en se basant sur les informations fournies par la RATP.
3. Instruction impartiale : Le tribunal a apporté une attention particulière à la manière dont la CNIL a mené son instruction, en concluant qu'il n'y avait pas de preuves d'une instruction biaisée. L'article 11 de la loi du 6 janvier 1978 stipule que la CNIL veille au respect de la loi, ce qui justifie sa décision de clôturer la plainte.
Interprétations et citations légales
- Droit d'accès aux données personnelles : L'article 39 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 précise : "Toute personne physique justifiant de son identité a le droit d'interroger le responsable d'un traitement de données à caractère personnel en vue d'obtenir... la communication, sous une forme accessible, des données à caractère personnel qui la concernent." Cette disposition établit clairement les droits des individus à l'égard de leurs propres données, tout en précisant la nécessité d'une conservation valide.
- Règles de conservation des données : Conformément à l'interprétation de la CNIL, il est établi qu'un responsable du traitement, comme la RATP, a l'obligation de ne conserver les données que pour la durée nécessaire à l'accomplissement des finalités pour lesquelles elles ont été collectées, ce qui a été confirmé par la décision judiciaire. L'article 11, mentionné ci-dessus, indique que la CNIL a la responsabilité de veiller à ce que ces normes soient respectées.
En somme, la décision de rejet du tribunal repose sur une compréhension claire des droits d'accès aux données personnelles et sur une interprétation adéquate des obligations des responsables de traitement, toutes deux fondées sur les articles de loi pertinents qui régissent ces situations.