Résumé de la décision
M. A... a acquis la nationalité française par décret le 22 février 2019 et a demandé le 27 juin 2019 au ministre de l'intérieur d'inclure son enfant, B... A..., dans ce décret pour lui conférer la nationalité française. Cette demande a été rejetée le 16 juillet 2019 au motif que l'enfant ne résidait pas habituellement chez son père à la date de signature de ce décret. M. A... a demandé l'annulation de cette décision. Le tribunal a rejeté sa demande, considérant qu'il ne remplissait pas les conditions requises pour que son enfant bénéficie de l'effet collectif de la naturalisation.
Arguments pertinents
1. Conditions de la naturalisation des enfants : Conformément à l'article 22-1 du code civil, un enfant mineur peut acquérir la nationalité française par le biais de la nationalité de l'un de ses parents si, d'une part, les deux parents résident habituellement ensemble ou, en cas de séparation, si la résidence alternée est respectée.
2. Résidence au moment de la demande : Le tribunal a considéré que, selon le jugement de décembre 2017, la résidence habituelle de B... était fixée chez sa mère, ce qui n’a pas été contesté. Ainsi, à la date du décret de naturalisation de M. A..., la condition de résidence n'était pas remplie, ce qui justifie le refus de modifier le décret.
3. Absence de modification des circonstances : Il n’a pas été prouvé que la situation de résidence de l'enfant ait changé après la signature du décret pour justifier une nouvelle demande.
Interprétations et citations légales
- Code civil - Article 22-1 : Cet article stipule que "L'enfant mineur dont l'un des deux parents acquiert la nationalité française, devient français de plein droit s'il a la même résidence habituelle que ce parent..." Cela implique que la condition de résidence habituelle est cruciale pour l'acquisition de la nationalité par les enfants et que le changement de cette résidence doit être établi.
- Le tribunal a interprété cet article comme imposant non seulement la connaissance préalable de l'existence de l'enfant par l'administration, mais également l'exigence que l'enfant réside effectivement avec son parent à la date de signature du décret.
- Jugement du Juge aux affaires familiales : Le jugement de novembre 2017 a également servi de référence substantielle pour déterminer la résidence de l’enfant, indiquant que "la résidence habituelle de B... est fixée chez sa mère", permettant ainsi au tribunal de conclure qu’il n’existait aucune base pour que M. A... demande une modification du décret de naturalisation.
En somme, la décision s'appuie sur une interprétation stricte des conditions légales liées à la nationalité des enfants, en veillant à ce que les critères de résidence soient rigoureusement respectés conformément à la loi.