Résumé de la décision
La décision porte sur le pourvoi de la commune de Saint-Raphaël contre un jugement du tribunal administratif de Toulon, qui a annulé un permis de construire délivré à M. A... le 13 septembre 2016. Cette annulation était fondée sur la méconnaissance des articles UC3 et UC6 du règlement du plan local d'urbanisme. Le Conseil d'État a confirmé cette annulation en n'accueillant pas le pourvoi de la commune, et a également rejeté les conclusions de l'association syndicale autorisée du parc de Santa Lucia.
Arguments pertinents
1. Mécanisme d'annulation des actes administratifs : L'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme stipule que lorsqu'un acte est annulé pour excès de pouvoir, la juridiction administrative doit se prononcer sur tous les moyens de la requête susceptibles de fonder cette annulation. Le Conseil d'État a rappelé que, même si un motif erroné est relevé dans le jugement, cela n'implique pas nécessairement que le pourvoi soit accueilli tant qu’un autre moyen justifie l'annulation.
2. Compatibilité avec le plan local d'urbanisme : Le tribunal administratif a correctement évalué la largeur des voies d'accès à la construction, conformément à l'article UC3, qui impose des exigences spécifiques de largeur selon la surface hors œuvre nette (SHON) des constructions. En affirmant que le permis de construire ne respectait pas ces normes, le tribunal a agi selon le droit.
3. Erreur de droit sur les voies privées : Le jugement attaqué a commis une erreur en se fondant sur l'implantation de constructions par rapport à l’allée du temple d’Amour, considérée comme une voie publique alors qu'elle est en réalité une voie privée. Cependant, le Conseil d'État a estimé que ce motif n'était pas essentiel à la décision d'annulation du permis.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : Cet article souligne l'obligation pour la juridiction de se prononcer sur tous les moyens pouvant justifier l'annulation d'un acte en matière d'urbanisme. Cela illustre le principe selon lequel l’annulation peut être fondée sur plusieurs justifications, même si certaines sont erronées.
> "Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme ou en ordonne la suspension, la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête..."
2. Article UC3 du règlement du PLU de Saint-Raphaël : Cet article fixe les exigences relatives à la largeur des voies d'accès en fonction de la SHON. Le Conseil d'État a confirmé que le tribunal avait raison d'examiner si la largeur de ces voies était conforme aux dispositions réglementaires.
> "... les voies nouvelles ou existantes [...] devront disposer des largeurs de chaussée [...] 5m pour les constructions dont la SHON est comprise entre 300 et 800 m2."
3. Article UC6 du règlement du PLU : Bien que le tribunal ait erronément appliqué cet article à des voies privées, cela n'a pas affecté le résultat final de l'affaire, car la méconnaissance de l'article UC3 suffisait à justifier l'annulation.
> "Toute construction doit être implantée à une distance au moins égale à : [...] 5 mètres de l'alignement des voies dans le secteur Ucb."
En conclusion, le Conseil d'État a maintenu l'annulation du permis de construire en se fondant sur la conformité aux dispositions de l'urbanisme, tout en notant les erreurs commises par le tribunal sans que cela n'affecte la validité de son jugement final.