Résumé de la décision
La décision concerne une demande d'annulation formulée par M. A..., brigadier-chef de police, à l'encontre d'une décision implicite du préfet de Mayotte, qui a rejeté sa demande de bénéficier d'une majoration de traitement à compter du 1er juillet 2014, conformément au décret n° 2013-964. Le tribunal administratif de Mayotte a initialement accueilli la demande de M. A..., mais le ministre de l'Intérieur a contesté cette décision, notamment la durée de l'injonction d'accorder la majoration. Le Conseil d'État a annulé l'ordonnance du tribunal administratif en raison d'une erreur de droit, arguant que la majoration devait cesser au plus tard le 1er septembre 2015, date d'entrée en vigueur d'un décret ultérieur.
Arguments pertinents
1. Légalité du refus d'accorder la majoration : Le tribunal administratif a qualifié le refus d'accorder la majoration de traitement comme illégal jusqu'à l'entrée en vigueur du décret du 1er juillet 2015. Le Conseil d'État a validé cette interprétation, affirmant que “le tribunal administratif a jugé qu'était illégal le refus d'accorder au requérant le bénéfice de la majoration de traitement tant que n'était pas entré en vigueur le décret du 1er juillet 2015”.
2. Limitation de la durée de l'injonction : Le Conseil d'État a remarqué que le tribunal administratif a commis une erreur de droit en n'imposant pas une limite temporelle à l'injonction d'accorder le bénéfice de la majoration. Il a confirmé que ce bénéfice ne pouvait excéder la date d'entrée en vigueur du décret du 1er septembre 2015, pointant que “l'octroi au requérant du bénéfice de la majoration de traitement jusqu'à la fin de son affectation et, au plus tard, jusqu'à la date d'entrée en vigueur du décret n° 2015-804, soit le 1er septembre 2015.”
Interprétations et citations légales
1. Application des décrets : Le décret n° 2015-804 fixe un cadre pour la majoration et l'indemnité de sujétion géographique. L'article 2 du décret du 1er juillet 2015 stipule que :
- "Les fonctionnaires actifs des services de la police nationale [...] affectés à Mayotte avant l'entrée en vigueur du présent décret conservent [...] le bénéfice de l'indemnité spéciale d'éloignement [...] Ils ne bénéficient pas de la majoration de traitement prévue par le décret n° 2013-964."
Cela signifie que la majoration ne peut être cumulée avec d'autres indemnités, ce qui sert d'argument pour limiter le droit à la majoration jusqu'à la date précisée.
2. Cadre légal de la justice administrative : L'article R. 811-1 du Code de justice administrative souligne les procédures à suivre pour l’examen des contentieux. Il en résulte que le tribunal doit respecter les lois en vigueur et ne pas dépasser ses compétences en matière d’injonction.
3. Erreur de droit : La notion d'erreur de droit est cruciale ici. Le Conseil d'État établit que l'erreur réside dans la durée illimitée de l'injonction envers l’administration, décidant que “le tribunal administratif [...] a entaché son ordonnance d'une erreur de droit”.
En somme, la décision du Conseil d'État rappelle l'importance du respect des délais fixés par les textes réglementaires et la limitation temporelle des bénéfices accordés aux fonctionnaires.