Résumé de la décision
La décision concerne la demande d'asile de M. A..., un national afghan condamné à quatre ans de prison pour aide à l'entrée irrégulière d'étrangers en France. Après avoir purgé sa peine, il a demandé un réexamen de son dossier d'asile, qui a été rejeté par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). La Cour nationale du droit d'asile a ensuite annulé la décision de l'OFPRA et accordé à M. A... le bénéfice de la protection subsidiaire. Cependant, l'OFPRA a déposé un pourvoi en cassation contre cette décision, qui a été accueillie, annulant la décision de la Cour nationale du droit d'asile et renvoyant l'affaire devant cette dernière.
Arguments pertinents
1. Irrégularité de procédure : La Cour nationale du droit d'asile a commis une irrégularité en ne prenant pas en compte un mémoire de défense soumis par l'OFPRA après la clôture de l'instruction. La décision stipule : "En ne mentionnant pas ce mémoire dans les visas de la décision attaquée, la cour a entaché cette dernière d'irrégularité."
2. Prise en compte de pièces postérieures à la clôture de l'instruction : La Cour a fondé sa décision sur une attestation fournie par M. A... après la clôture de l'instruction sans organiser d'audience supplémentaire. La décision précise : "Elle a rendu sa décision le 23 novembre 2015 sans tenir une nouvelle audience, entachant ainsi la procédure d'irrégularité."
3. Absence d’examen contradictoire : L'absence de débat contradictoire sur les éléments soumis postérieurement à la clôture d’instruction a été considérée comme un manquement aux principes du droit administratif.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 733-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Ce texte régit la communication des mémoires et pièces après la clôture de l'instruction. Le jugement rappelle que "les mémoires et pièces produits après la clôture de l'instruction ne donnent pas lieu à communication". Une réouverture de l’instruction est donc requise si de nouveaux éléments exigent une prise en compte contradictoire.
2. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Ce texte interdit l'octroi de remboursement par l’État des frais de justice dans certains cas. Dans cette décision, il a été cité pour justifier le rejet des conclusions de M. A... : "Les dispositions de l'article L. 761-1... font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées."
3. Article L. 712-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article est référencé concernant la notion de menace pour l'ordre public dans l'évaluation de la situation de M. A.... La cour a, semble-t-il, utilisé cette base légale pour établir qu'il ne représentait pas une menace, en se basant sur des éléments discutés dans le cadre irrégulier.
En conclusion, la décision de la Cour nationale du droit d'asile a été annulée en raison de manquements procéduraux significatifs, soulignant l'importance du respect des règles d'instruction dans les affaires d'asile.