Résumé de la décision
La Section française de l'Observatoire international des prisons a demandé l'annulation pour excès de pouvoir d'une décision implicite de rejet du Premier ministre, concernant sa demande d'abrogation de plusieurs dispositions réglementaires du code de procédure pénale. La demande était fondée sur des arguments liés à la conformité de ces dispositions avec les droits garantis par la Constitution et la Convention européenne des droits de l'homme. Cependant, le Conseil d'État a rejeté la requête, concluant que la requérante n'était pas fondée à demander l'annulation de la décision. La demande de frais de justice a également été rejetée.
Arguments pertinents
1. Inapplicabilité de l'article pénal : Le Conseil d'État a d'abord constaté que la décision n° 417471 du 11 avril 2018 avait déjà jugé que l'article 434-35 du code pénal n'était pas applicable au litige, ce qui a conduit à rejeter toute question prioritaire de constitutionnalité soulevée à son égard.
> "En premier lieu, par la décision n° 417471 du 11 avril 2018, le Conseil d'État [...] a jugé qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité soulevée (...) au motif que cet article ne pouvait être regardé comme applicable au litige."
2. Contrariété aux conventions : En outre, le Conseil a mentionné que l'argument selon lequel une disposition législative serait contraire aux stipulations d'un traité international ne pouvait être invoqué que si le texte réglementaire contesté était soit pris pour son application, soit en constituait la base légale, ce qui n’était pas le cas ici.
> "Or, l'article 434-35 du code pénal ne constitue pas la base légale des dispositions [...] dont la requérante a demandé l'abrogation."
3. Rejet des conclusions : Il a été conclu que la requérante ne pouvait pas soutenir que l'article 434-35 du code pénal méconnaissait les articles 6, 8 et 10 de la Convention européenne des droits de l'homme, car ces articles ne pouvaient pas être opposés à des actes réglementaires sans lien de base.
> "Il s'ensuit que la requérante ne peut, à l'appui de ses conclusions, utilement soutenir [...] que l'article 434-35 du code pénal méconnaîtrait [...] de la convention."
Interprétations et citations légales
1. Inapplicabilité de l'article 434-35 du Code pénal :
- Code pénal - Article 434-35 : Cet article stipule les peines encourues pour l'envoi d'objets à des détenus et ne s'applique pas à la situation litigieuse. Le Conseil d'État a souligné la non-pertinence de cet article dans le cadre de la demande d'abrogation des dispositions réglementaires contestées.
2. Lien entre convention et disposition réglementaire : Le Conseil a précisé que l'invocation d'incompatibilités entre une disposition législative et des normes internationales doit être fondée sur un lien clair de base légale entre les textes.
- Convention européenne des droits de l'homme - Articles 6, 8 et 10 : Ces articles garantissent différents droits relatifs au procès équitable, au respect de la vie privée et à la liberté d'expression, mais ne peuvent pas être invoqués directement contre des textes réglementaires sans lien avec la législation applicable.
3. Position du Conseil d'État : En rejetant la demande, le Conseil d'État a réaffirmé son rôle de gardien des normes constitutionnelles et conventionnelles tout en respectant la séparation des pouvoirs et le principe de légalité.
> "Il résulte de tout ce qui précède que la Section française de l'observatoire international des prisons n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision qu'elle attaque."
Cette structure d'analyse permet de saisir les éléments juridiques en jeu dans la décision du Conseil d'État et de les mettre en relation avec les normes et principes juridiques supérieurs.