Résumé de la décision
La société 2 FPR conteste un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux qui avait rejeté son appel pour annuler un permis de construire délivré à la SCCV Gustave Eiffel. Le Conseil d'État, à travers une décision datée du 29 janvier 2018, annule l'arrêt de la cour en raison d'une irrégularité : celle-ci n'a pas répondu à un mémoire produit par la société 2 FPR avant la clôture de l'instruction, invoquant un non-respect d'une règle d'urbanisme concernant la plantation d'arbres dans les aires de stationnement. Le Conseil d'État renvoie ensuite l'affaire à la cour administrative d'appel de Bordeaux et condamne la SCCV Gustave Eiffel à verser une somme de 3 000 euros à la société 2 FPR au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Omission de réponse à un mémoire : L'arrêt de la cour administrative d'appel est entaché d'irrégularité pour avoir omis de mentionner et d'analyser le mémoire de la société 2 FPR, qui faisait valoir la méconnaissance de l'article 13 du règlement de la plan local d'urbanisme.
- Citation : "Il résulte de ces dispositions qu'est entachée d'irrégularité une décision juridictionnelle qui omet de viser et d'analyser un mémoire produit avant la clôture de l'instruction."
2. Recevabilité du moyen : Le moyen soulevé par la société 2 FPR était recevable, en dépit de l'ordonnance de cristallisation des moyens prise en première instance.
- Réaffirmation : "L'ordonnance de cristallisation des moyens prise en première instance étant sans incidence sur le périmètre du débat d'appel."
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article R. 741-2 : Cet article impose une obligation pour les juridictions administratives de répondre à tous les mémoires produits par les parties avant la clôture de l'instruction. Cela vise à garantir que chaque argument présenté soit dûment examiné.
- Citation directe : "La décision (...) contient (...) l'analyse des conclusions et mémoires (...)".
2. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Ce texte stipule que les frais et honoraires d'avocat dans une instance administrative peuvent être mis à la charge de la partie perdante, permettant ainsi une protection des droits des requérants.
- Application : Dans cette décision, le Conseil d'État a retenu que la SCCV Gustave Eiffel n'étant pas la partie gagnante dans cette instance, elle est condamnée à verser 3 000 euros à la société 2 FPR.
En somme, le Conseil d'État a non seulement corrigé une erreur procédurale, mais a également affirmé l'importance du respect des droits des parties dans le cadre du droit administratif.