Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. B... a déposé une plainte auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) le 2 avril 2018, visant à faire rectifier son numéro de téléphone auprès de la Banque postale afin de bénéficier du service de paiement sécurisé "3D Secure". La CNIL, par une décision du 12 juillet 2018, a informé M. B... que la procédure de rectification, qui nécessitait sa présence physique à l’agence de Segré, était légale et conforme aux obligations de sécurité établies par le règlement (UE) n° 2016/679. M. B... a contesté cette décision en demandant son annulation pour excès de pouvoir. Cependant, le tribunal a conclu qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur cette contestation, étant donné que la CNIL avait repris l'instruction de la plainte. Les demandes de M. B... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ont également été rejetées.
Arguments pertinents
1. Absence de nécessité de statuer : Le tribunal a souligné que, suite à la décision de la CNIL de reprendre l'instruction de la plainte de M. B..., il n'était pas nécessaire de statuer sur la requête d'annulation de la décision du 12 juillet 2018. Ce raisonnement s'appuie sur la notion qu'une nouvelle instruction ouvre un nouveau chapitre procédural, rendant caduque la première décision.
- Citation pertinente : « Il n'y a pas lieu de statuer sur [la requête] de M.B.... »
2. Rejet des conclusions au titre de l’article L. 761-1 : Le tribunal a également rejeté les conclusions de M. B... concernant la charge des frais d'instance, estimant que les conditions requises pour obtenir un remboursement n'étaient pas remplies.
- Citation pertinente : « Les conclusions de M. B...présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées. »
Interprétations et citations légales
1. Application de la loi du 6 janvier 1978 : La décision de la CNIL décidant que les modalités demandées par M. B... pour la rectification de ses données personnelles étaient légales repose sur l’article 32 du règlement (UE) n° 2016/679, qui stipule les obligations de sécurité pour le traitement des données à caractère personnel, et la nécessité de gestion des identités de manière rigoureuse dans le secteur bancaire.
- Citation juridique : « [...] la procédure prévue par la Banque postale [...] était légale et conforme à l'obligation de sécurité prévue par les dispositions de l'article 32 du règlement [...] relatif à la protection des données. »
2. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article mentionne que « la charge des frais d’instance peut être mise à la charge de l'État » si une demande est jugée fondée. Dans ce cas, le tribunal a estimé que M. B... ne remplissait pas les conditions requises pour bénéficier d'un tel remboursement, reposant ainsi son jugement sur le principe que les frais juridiques ne doivent pas systématiquement être supportés par l'État en cas de rejet des demandes.
- Citation légale : « Il n'y a pas lieu [...] de faire droit aux conclusions présentées par M. B...au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. »
En somme, cette décision met en lumière l'importance de la reprise d'instruction par la CNIL sur la pertinence de statuer sur une décision initiale et le rejet des conclusions au titre des frais juridiques dans le contexte d'une plainte non satisfaite.