Résumé de la décision
M. B... A... a été condamné par le tribunal correctionnel de Papeete à dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis, à une amende de 2 000 000 F CFP, ainsi qu'à une peine complémentaire de privation de son droit d'éligibilité pour une durée de deux ans. Suite à cela, le haut-commissaire de la République en Polynésie française l'a déclaré démissionnaire d'office de ses mandats de conseiller municipal et de maire de la commune de Papara. M. A... a contesté cette décision devant le tribunal administratif de Polynésie française, qui a rejeté sa demande. En appel, le Conseil d'État a confirmé le rejet, considérant que le haut-commissaire agissait conformément aux dispositions du code électoral.
Arguments pertinents
1. Application des dispositions légales : Le jugement souligne que, conformément à l'article L. 236 du code électoral, tout conseiller municipal qui, à la suite d'une condamnation, se trouve dans un cas d'inéligibilité doit être déclaré démissionnaire d'office. Cela se base sur une condamnation qui a conduit à la privation de droits électoraux, ce qui a été le cas de M. A...
Citation pertinente : « dès lors qu'un conseiller municipal se trouve, pour une cause survenue postérieurement à son élection, privé du droit électoral en vertu d'une condamnation devenue définitive ou d'une condamnation dont le juge pénal a décidé l'exécution provisoire, le haut-commissaire de la République en Polynésie française est tenu de le déclarer démissionnaire d'office. »
2. Compétence du haut-commissaire : Le haut-commissaire n’était pas compétent pour remettre en question le jugement pénal. Son intervention était conforme à la législation en vigueur, qui lui imposait d'agir sur la base des éléments fournis par le tribunal.
Citation pertinente : « [...] c'est à bon droit que le haut-commissaire [...] l'a immédiatement déclaré démissionnaire d'office. »
3. Effet suspensif du pourvoi : Même si la cour d'appel a confirmé la peine d'inéligibilité sans exécution provisoire, cela n'a pas eu d'impact sur la légalité de l'arrêté, car l'effet suspensif du pourvoi en cassation maintenait l'exécution provisoire ordonnée en première instance.
Citation pertinente : « La circonstance que la cour d'appel de Papeete [...] est, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. »
Interprétations et citations légales
L'interprétation des textes de loi dans cette décision repose sur des éléments clairs concernant la démission d'office des conseillers municipaux en raison de condamnations pénales. Les articles cités apportent un éclairage sur les obligations des autorités administratives en matière d'éligibilité.
1. Code électoral - Article L. 230 : Cet article stipule que « ne peuvent être conseillers municipaux : / 1° Les individus privés du droit électoral (...) ». Cette règle impose une inéligibilité immédiate et automatique en cas de condamnation.
2. Code électoral - Article L. 236 : Selon cet article, « tout conseiller municipal qui, pour une cause survenue postérieurement à son élection [...] est immédiatement déclaré démissionnaire par le préfet ». Cela renforce le principe d’automaticité en cas de perte de droit électoral.
3. Code de procédure pénale - Article 471 : Cet article précise que certaines peines, telles que la privation de droit électoral, peuvent être assorties d'une exécution provisoire, habilitant ainsi le haut-commissaire à agir sur la base de cette décision.
4. Code pénal - Article 131-10 : Cet article établit les différentes peines complémentaires pouvant être appliquées, y compris celles qui touchent les droits électoraux.
En analysant ces dispositions, la décision illustre l’importance de la conformité entre les décisions judiciaires et les règles administratives, soulignant la responsabilité des hautes autorités dans le respect de la législation en vigueur.