Résumé de la décision
M. et Mme A..., demandeurs d'asile, ont vu leur demande rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Ils ont contesté cette décision devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par jugement du 2 mai 2017, la CNDA a également rejeté leur recours, considérant que les déclarations des requérants étaient incomplètes et que les éléments de preuve fournis n'étaient pas probants. En revanche, la haute juridiction a annulé cette décision, estimant que la CNDA n'avait pas correctement évalué les preuves, en particulier un certificat médical mentionnant des blessures subies par M. A. De ce fait, l'affaire a été renvoyée à la CNDA pour réexamen, et l'OFPRA a été condamné à verser 2 000 euros aux avocats des demandeurs.
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Arguments pertinents
1. Évaluation des risques et des preuves : La CNDA n'a pas pris en compte de manière adéquate un certificat médical essentiel, ce qui a conduit à une évaluation erronée des risques encourus par M. et Mme A. En effet, la décision a été éclipsée par une appréciation souveraine des faits, mais cette appréciation ne devait pas se soustraire à l'examen des preuves claires fournies. La décision indique : « En statuant ainsi, alors qu'un des deux certificats médicaux [...] faisait état de façon circonstanciée de plusieurs blessures [...] la Cour... a commis une erreur de droit. »
2. Droit d’asile et protection subsidiaire : La Cour rappelle les conditions qui régissent le droit d'asile ainsi que la protection subsidiaire, en se fondant sur des fondements juridiques bien établis.
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Interprétations et citations légales
1. Convention de Genève et Protocole de New York : La décision s'appuie sur le paragraphe A, 2° de l'article 1er de la Convention de Genève et sur son protocole, qui stipule que « doit être considérée comme réfugiée toute personne qui "craignant avec raison d'être persécutée [...] se trouve hors du pays dont elle a la nationalité" ». Cette définition souligne l’importance d'évaluer correctement les circonstances de chaque demandeur d'asile.
2. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 712-1 : Cet article énonce que la protection subsidiaire est accordée lorsque des « motifs sérieux et avérés de croire qu'elle courrait dans son pays un risque réel de subir l'une des atteintes graves » sont présents. Il est essentiel que la décision repose sur une analyse satisfaisante des risques réels et des situations personnelles.
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article permet la reconnaissance d'honoraires d'avocats dans le cadre d'une aide juridictionnelle, comme l'indique la décision : « Il y a donc lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Office français [...] la somme de 2 000 euros ».
Ainsi, la décision réaffirme la nécessité d’une évaluation rigoureuse des preuves apportées par les demandeurs d'asile et de l'engagement à poursuivre une protection efficace pour ceux qui risquent des violations graves dans leur pays d'origine.