Résumé de la décision
La décision concerne l'association foncière urbaine autorisée "Les jardins de Serignan", condamnée à une astreinte pour inexécution partielle d'une décision du Conseil d'État datant du 5 avril 2019. Cette décision prescrivait à l'association de communiquer des documents administratifs et comptables à certains requérants, dont M. U... F... Dans les délais impartis, l'association n'a pas fourni tous les documents requis. Le Conseil d'État a donc décidé de liquider l'astreinte, réduisant son montant quotidien et aboutissant à une somme de 12 650 euros à verser aux requérants.
Arguments pertinents
1. Inexécution partielle : La décision indique que "l'association foncière urbaine autorisée n'avait toujours pas communiqué au secrétariat du contentieux du Conseil d'État copie des actes justifiant la communication de la totalité des documents demandés". Cela étaye la constatation de l'inexécution partielle de la décision initiale.
2. Liquidation de l'astreinte : En vertu de l'article L. 911-7 du code de justice administrative, le Conseil d'État a déclaré qu'il y avait lieu de procéder à la liquidation de l'astreinte, en précisant que "la juridiction (...) peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée". Cela montre que même en cas d'inexécution, il est possible de réduire la sanction en tenant compte des circonstances.
3. Montant de l'astreinte : Bien que l'astreinte ait été initialement fixée à 100 euros par jour, le Conseil d'État a décidé de "modérer la somme exigible" à 50 euros par jour, en reconnaissant que certains documents ont été fournis, certifiant ainsi la prise en compte des efforts de l'association.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 911-7 du code de justice administrative : Cet article précise les conditions dans lesquelles une juridiction peut procéder à la liquidation d'astreinte. La formulation de cet article permet d'interpréter qu'il y a une flexibilité pour les juges dans l'évaluation des circonstances entourant l'inexécution. La phrase "Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire" permet d'affirmer que le juge a une certaine discrétion dans l'application de cette sanction.
2. Exécution de la décision : La décision souligne que l'association n'a pas "entièrement exécuté" la décision initiale, ce qui implique que la notion d'exécution complète est cruciale pour éviter des pénalités. Cela renforce l'idée que toute exécution partielle, même si des documents ont été fournis, ne suffit pas pour se conformer pleinement à une ordonnance judiciaire.
En résumé, cette décision met en exergue le pouvoir discrétionnaire des juridictions administratives dans la modulation des sanctions pour inexécution et souligne l'importance de la conformité totale dans le cadre des décisions judiciaires.