Résumé de la décision
M. A... a demandé la suspension de l'exécution d'une décision adoptée par le vice-président du Conseil d'État sur la charte de déontologie de la juridiction administrative. Cette décision, datée du 14 mars 2017, stipule, au dernier alinéa de son point 16, que les anciens chefs de juridiction devenus avocats doivent s'abstenir de présenter des requêtes ou de plaider devant la juridiction qu'ils ont présidée, et ce, pendant une période de dix ans. Le juge des référés a rejeté la requête de M. A..., considérant que la condition d'urgence n'était pas remplie.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de la requête : M. A... a soutenu que sa requête est recevable, car le Conseil d'État est saisi d'une demande d'annulation contre la décision contestée.
2. Urgence : M. A... estime que la disposition contestée porte atteinte à sa liberté d'entreprendre et empêche l'exercice de sa mission d'avocat, ce qui justifie la condition d'urgence.
3. Violation des droits fondamentaux : La décision aurait, selon M. A..., violé plusieurs droits protégés par des textes tels que :
- L'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen
- Les articles 6 de la Convention européenne des droits de l'homme et 47 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Le juge a cependant estimé que ces arguments ne caractérisaient pas une situation d'urgence. Ainsi, la requête a été rejetée sur la base de l'article L. 522-3 du Code de justice administrative.
Interprétations et citations légales
La décision a principalement recours à deux articles du Code de justice administrative :
- Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Cet article stipule que lorsque qu'une décision administrative est contestée, le juge des référés peut ordonner la suspension de son exécution si l'urgence est justifiée et si des doutes sérieux pèsent sur sa légalité. La décision précise : "le juge des référés [...] peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision [...] lorsque l'urgence le justifie."
- Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Cet article permet au juge des référés de rejeter une requête sans audience si la condition d'urgence n'est pas remplie ou si la requête est manifestement mal fondée. Ce point a été central dans le jugement dont il est dit : "la requête de M.A..., [...] doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative."
L'interprétation des conditions d'urgence dans le cadre de la suspension des décisions administratives est donc au cœur du raisonnement. Le juge a considéré que les arguments de M. A... concernant l'atteinte à sa liberté d'entreprendre et au libre choix de l'avocat ne constituaient pas une urgence suffisamment forte pour une intervention rapide.