Résumé de la décision :
La requête du syndicat VIGI a été rejetée par le juge des référés du Conseil d'État, qui s'interrogeait sur l'instruction donnée par le ministre de l'intérieur de ne pas verbaliser les manifestants lors de certaines manifestations en vertu des règles de restriction de rassemblement liées à la situation sanitaire. Les requérants soutenaient que cette instruction entraînait des conséquences juridiques en violation des lois en vigueur et qu'elle mettait en danger la santé publique. Toutefois, le juge a conclu que, suite à la décision antérieure du Conseil d'État et aux modifications réglementaires subséquentes, l'urgence de la situation ne justifiait pas la suspension de l'exécution de l'instruction.
Arguments pertinents :
1. Absence d'urgence : Le juge a établi que, bien que les requérants dénoncent l'instruction du ministre de l'intérieur, celle-ci ne créait pas un état d'urgence justifiant la suspension de son exécution. En effet, les manifestations n'étaient plus soumises à l'interdiction initiale en conséquence des modifications réglementaires apportées après la décision du 13 juin 2020.
> « Les effets d'une telle instruction ne peuvent en tout état de cause être regardés à ce jour comme de nature à caractériser une urgence justifiant que l'exécution en soit suspendue sans attendre le jugement de la requête au fond. »
2. Modifications réglementaires : Le Conseil d'État a rappelé qu'une décision préalablement rendue avait suspendu l'application des dispositions du décret du 31 mai 2020 concernant les manifestations, et que de nouvelles dispositions avaient par la suite été intégrées pour régulariser la situation.
> « Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le régime de l'interdiction posée par ces dispositions ne s'applique plus à ces manifestations. »
Interprétations et citations légales :
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Code de la justice administrative
- Article L. 521-1 : Ce texte prévoit la possibilité pour le juge des référés de suspendre une décision administrative lorsque l'urgence est avérée et qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de cette décision. Ce cadre juridique encadre les décisions rapides du juge par rapport aux actes administratifs litigieux.
> « Quand une décision administrative [...] fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés [...] peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision [...] lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. »
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Décret n° 2020-663 et décret n° 2020-274
Ces décrets établissent les normes pour la gestion des rassemblements dans le contexte de la crise sanitaire liée au COVID-19. Ils stipulent les conditions sous lesquelles certaines manifestations peuvent avoir lieu, permettant au préfet de donner des autorisations lorsque les mesures de sécurité sont respectées.
Dans cette décision, la prise en compte des modifications introduites par le décret du 14 juin 2020 a été cruciale, soulignant que le cadre légal avait évolué révélant que les manifestations liées à la lutte contre le racisme ne soulevait plus les mêmes interdictions que précédemment.
Conclusion :
La décision du Conseil d'État met en avant l'importance des procédures d'urgence et la nécessité d'une interprétation contextuelle du droit administratif en matière de sécurité publique et sanitaire. Les évolutions des décrets et leur impact sur les manifestations publiques montrent comment le droit s'adapte à des situations de crise.