Résumé de la décision
La décision concerne une requête déposée par la Fédération nationale des cinémas français et d'autres parties contestant une annonce du Président de la République relative à l'obligation d'un "pass sanitaire" pour accéder aux salles de cinéma. Ces parties demandent le report de cette obligation. Les intervenants, la Société des auteurs et compositeurs dramatiques et la Fédération des entreprises du spectacle, soutiennent cette requête. Cependant, le juge des référés du Conseil d'État rejette la demande au motif qu'il n'existe pas d'urgence, puisque l'annonce présidentielle n'a pas encore été formalisée par un acte réglementaire.
Arguments pertinents
Les arguments principaux de la décision sont les suivants :
1. Absence de formalisation : La décision souligne que l'annonce faite par le Président de la République n'est pas encore matérialisée par un acte réglementaire ou législatif. Cela signifie qu'elle ne produit pas d'effets juridiques immédiats. C'est un élément fondamental qui affaiblit le fondement de la requête.
> "À ce jour cependant, cette annonce ne s'est encore traduite par aucun acte réglementaire, ni aucune disposition législative de nature à traduire cette 'décision' et rendant possible une telle mesure."
2. Condition d'urgence non remplie : En vertu des dispositions du code de justice administrative, la condition d'urgence n'est pas satisfaite. Il est cité que le requérant doit démontrer des circonstances particulières qui justifient la nécessité d'une mesure d'urgence.
> "Le requis est donc appelé à justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées..."
3. Juridiction et compétence : La décision fait référence à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, qui permet au juge des référés de rejeter une demande sans instruction ni audience lorsque les conditions d'urgence ne sont pas remplies ou lorsque la requête est manifestement mal fondée.
> "Le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie..."
Interprétations et citations légales
1. Interprétation de l'article L. 521-2 : Cet article stipule que le juge des référés peut ordonner des mesures lorsque l'on constate une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Dans ce cas, il a été jugé que l'urgence n'était pas caractérisée, puisqu'aucune mesure d'application n'existait encore.
- Code de justice administrative - Article L. 521-2 :
"Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale..."
2. Interprétation de l'article L. 522-3 : Cet article permet au juge de rejeter une requête manifestement irrecevable ou mal fondée. Dans ce cas spécifiquement, le tribunal a estimé que la requête manquait de fondement dès lors que l'annonce présidentielle n'avait pas été formalisée en texte juridique.
- Code de justice administrative - Article L. 522-3 :
"Le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie..."
En résumé, la décision met en lumière l'importance de la formalisation des annonces gouvernementales pour qu'elles deviennent des actes juridiques ayant des conséquences immédiates, ainsi que le cadre juridique strict qui régit l'intervention du juge des référés en droit administratif français.