Résumé de la décision
La société Orange a engagé une requête contre un jugement du tribunal administratif de la Guadeloupe, tout en soulevant une question prioritaire de constitutionnalité concernant l’article R. 432-1 du code de justice administrative, modifié par le décret n° 2017-493 du 6 avril 2017. Madame A..., fonctionnaire de La Poste, a fait valoir que ces dispositions restreignent indûment le droit de se défendre en justice et qu’elles sont contraires à la Constitution, notamment à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. La cour a conclu qu’il n’y avait pas lieu de transmettre la question au Conseil d'État, considérant qu’elle était dépourvue de caractère sérieux en raison de la nature de la disposition contestée.
Arguments pertinents
1. Applicabilité de la disposition contestée : La cour souligne que les dispositions de l'article R. 432-1 du code de justice administrative ne constituent pas des dispositions législatives susceptibles de faire l'objet d'une question prioritaire de constitutionnalité. Cela est précisé dans le considérant 2 : "les dispositions de l'article R. 432-1 du code de justice administrative telles que modifiées par le décret n° 2017-493 ne présentent pas le caractère d'une disposition législative".
2. Absence de caractère sérieux : La cour a également estimé que la question soulevée par Mme A... était "dépourvue de caractère sérieux", ce qui a conduit à la décision de ne pas transmettre la question au Conseil d'État, comme stipulé dans le considérant 3.
Interprétations et citations légales
1. Nature des dispositions contestées : Les articles 23-1 et 23-2 de l’ordonnance n° 58-1067 stipulent que seule une disposition législative peut faire l’objet d’une question prioritaire de constitutionnalité. Par conséquent, les dispositions administratives comme celles mentionnées ne sont pas soumises à cette procédure. Ainsi, le texte du considérant 2 précise : "les dispositions de l'article R. 432-1… ne présentent pas le caractère d'une disposition législative…".
2. Critères de transmission des questions au Conseil constitutionnel : Selon les articles 23-1 et 23-2 de l’ordonnance citée, trois conditions doivent être remplies pour qu'une question soit transmise : la disposition contestée doit être "applicable au litige", "ne pas avoir déjà été déclarée conforme à la Constitution", et "ne pas être dépourvue de caractère sérieux". La décision a appliqué ces critères, concluant que la première condition n'était pas remplie, ce qui a renforcé l'idée de la non-transmission.
3. Référence à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : Mme A... a soutenu que les restrictions imposées par les dispositions contestées méconnaissent les articles 1er et 16 de la Déclaration des droits de l'homme. Cependant, la cour n’a pas trouvé cela sérieux, arguant que les dispositions de l'article R. 432-1 ne sont pas de nature législative, et par conséquent, ni susceptibles d'invalidation constitutionnelle.
En conclusion, cette décision met en lumière les distinctions essentielles entre le droit administratif et le droit législatif, tout en établissant des critères stricts pour la suspension et la transmission des questions prioritaires de constitutionnalité.