Résumé de la décision
La requête de Mme A..., visant à suspendre l'obligation de pass sanitaire et la vaccination obligatoire pour les personnels soignants annoncées par le Président de la République le 12 juillet 2021, a été rejetée par le juge des référés du Conseil d'État. La décision a été prise au motif du manque d'urgence, car ces annonces n'avaient pas encore été traduites en actes réglementaires ou législatifs ayant force obligatoire.
Arguments pertinents
1. Absence d'actes juridiques concrets : La décision du juge souligne que les annonces faites par le Président n'ont pas encore pris forme juridique tangible, ce qui dissipe l'argument d'urgence. Le juge mentionne explicitement que "ces annonces ne se sont encore traduites par aucun acte réglementaire, ni aucune disposition législative de nature à traduire ces 'décisions'".
2. Critère d'urgence : Selon l'article L. 521-2 du code de justice administrative, le requérant doit justifier de circonstances particulières rendant urgente la nécessité d'une mesure conservatoire, ce que Mme A... n'a pas réussi à démontrer.
3. Rejet sans instruction : Il est indiqué que le juge a le pouvoir de rejeter une requête sans aller en instruction lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie. Ici, le juge a appliqué l'article L. 522-3 du même code pour justifier le rejet immédiat.
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L. 521-2 : Cet article établit le cadre pour le juge des référés, stipulant que la demande doit être justifiée par l'urgence et porter sur une atteinte grave à une liberté fondamentale. Le juge a interprété cet article en précisant que l'absence d'actes concrets concrétise la non-urgence de la mesure demandée, ce qui contredit la condition initiale requise par la loi.
2. Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Ce texte autorise le juge à rejeter une requête sans audience ni instruction lorsque l'urgence n'est pas établie. Le juge a utilisé cet article pour conclure que la requête de Mme A..., malgré ses prétentions, ne remplissait pas les conditions nécessaires, affirmant manifestement que "la requête de Mme A... ne peut être accueillie".
En résumé, la décision illustre la stricte application des critères juridiques d'urgence et d'existence de mesures juridiques concrètes, tout en rappelant que les annonces politiques ne suffisent pas en elles-mêmes à justifier une intervention judiciaire immédiate.