Résumé de la décision
La décision porte sur une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. B. concernant l'article L. 134-6 du code de l'action sociale et des familles. L'auteur soutenait que cette disposition législative portait atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution. Le Conseil d'État a déterminé qu'il n'était pas nécessaire de transmettre cette question au Conseil constitutionnel, car l'article en question avait déjà été déclaré conforme à la Constitution dans une décision précédente (décision n° 2010-110 QPC du 25 mars 2011). Ainsi, le Conseil d'État a rejeté la demande de M. B.
Arguments pertinents
1. Applicabilité de la disposition contestée : Le Conseil d'État a rappelé que pour qu'une QPC soit prise en compte, il faut que la disposition soit applicable au litige ou à la procédure en cours. Dans ce cas, bien que M. B. ait soulevé des questions sur la constitutionnalité de l'article L. 134-6, cet article avait déjà été jugé conforme à la Constitution dans le passé, ce qui limite la pertinence de la question.
2. Conformité antérieure : Le Conseil d'État souligne que l'article L. 134-6 a déjà été examiné et déclaré conforme à la Constitution lors de la décision n° 2010-110 QPC. Cette décision précise que, même si des modifications ont été apportées à l'article (notamment par la loi du 17 mai 2013), cela n'affecte pas la conformité de l'article dans sa version applicable à la date du litige (13 janvier 2014).
3. Décision de non-renvoi : En conséquence, le Conseil d'État décide qu'il n'y a pas lieu de renvoyer la question prioritaire de constitutionnalité au Conseil constitutionnel, renforçant l'idée que les questions déjà résolues ne peuvent être redéveloppées.
Interprétations et citations légales
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Interprétations des textes de loi
- Article 23-5 de l'ordonnance n° 58-1067 : Cet article introduce le principe selon lequel une disposition législative peut être contestée devant le Conseil constitutionnel si elle porte atteinte aux droits garantis par la Constitution. C'est le cadre légal qui permet aux justiciables de soulever des questions de constitutionnalité en cours d'instance, mais sous des conditions précises, dont la nouveauté de la question.
- Décision n° 2010-110 QPC du 25 mars 2011 : Cette décision antérieure a été fondamentale car elle a établi le cadre dans lequel le Conseil constitutionnel peut déclarer des dispositions inconstitutionnelles. En effet, cette décision a explicitement annulé certaines parties de l'article L. 134-6, tandis que le reste a été jugé conforme. Ce précédent est déterminant dans l'affaire actuelle.
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Citations directes
- Article 23-5 de l'ordonnance n° 58-1067 : "Le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution peut être soulevé... à l'occasion d'une instance devant le Conseil d'Etat (...)".
- Décision du Conseil constitutionnel : "La déclaration d'inconstitutionnalité des deuxième et troisième alinéas de cet article prendrait effet à compter de la publication de sa décision".
Ces éléments mettent en lumière les fondements juridiques qui ont mené à la conclusion du Conseil d'État, et montrent comment les interprétations des textes peuvent éclairer la résolution de cas similaires à l'avenir.