Résumé de la décision
Dans cette affaire, le syndicat Alliance des professionnels de santé a contesté une convention nationale organisant les rapports entre les médecins libéraux et l'assurance maladie, approuvée par arrêté du 20 octobre 2016. Il a soutenu que des modifications apportées par des ordonnances antérieures avaient entraîné la dissolution des caisses primaires d'assurance maladie, rendant ainsi la convention invalide. Le Conseil d'État a rejeté la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par le syndicat, considérant que les dispositions contestées n'avaient pas d'incidence sur la validité de la convention. La décision stipule qu'il n'y a pas lieu de renvoyer cette question au Conseil constitutionnel.
Arguments pertinents
1. Applicabilité des dispositions : Le Conseil d'État a posé un principe fondamental selon lequel une question prioritaire de constitutionnalité ne sera soumise au Conseil constitutionnel que si la disposition contestée est "applicable au litige ou à la procédure" (article 23-5 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958). En l'espèce, les dispositions de l'article 6 de l'ordonnance du 18 juillet 2005 n'étaient pas considérées comme applicables.
2. Dissolution des caisses primaires d’assurance maladie : Le syndicat a fait valoir que, conformément à l'article 5 de l'ordonnance n° 2001-350 du 19 avril 2001, les caisses primaires d'assurance maladie étaient dissoutes en raison de leur non-inscription au registre national. Toutefois, le Conseil d'État a affirmé que les modifications apportées par l'article 6 de l'ordonnance du 18 juillet 2005 ne touchaient pas cette question.
Interprétations et citations légales
1. Conditions de saisine du Conseil constitutionnel :
- Article 23-5 de l’ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 : "Le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution peut être soulevé (...) à l'occasion d'une instance devant le Conseil d'Etat (...) ". Ce texte précise que la question doit être nouvelle ou présenter un caractère sérieux.
2. Conventions entre organismes d’assurance maladie et médecins :
- Code de la sécurité sociale - Article L. 162-5 : "Les rapports entre les organismes d'assurance maladie et les médecins sont définis par des conventions nationales (...)". Cela souligne l'importance des conventions dans le cadre de la relation entre médecins et assurance maladie.
3. Ratification et contrôle des conventions :
- Code de la sécurité sociale - Article L. 162-15 : "Ces conventions font l'objet d'une approbation par les ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale (...) ". Ce passage en souligne la légalité et les conditions d'approbation des conventions.
En conclusion, la décision illustre le rôle du Conseil d'État en tant qu'instance de vérification de la constitutionnalité, mais également sa prudence à renvoyer des questions au Conseil constitutionnel, en examinant la pertinence des arguments juridiques et leur applicabilité au litige en question.