Résumé de la décision
La cour administrative d'appel de Bordeaux a confirmé le rejet par le tribunal administratif de Bordeaux d'une demande d'annulation d'une délibération du conseil municipal de Mios approuvant la sixième modification du plan local d'urbanisme. L'association Légalité et urbanisme à Mios (LUM) a formé un pourvoi en cassation, soutenant que la délibération était entachée d'irrégularités relatives à la procédure de convocation des membres du conseil municipal. La haute juridiction a finalement annulé l'arrêt de la cour d'appel, jugé que la cour avait commis une erreur de droit en écartant le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales.
Arguments pertinents
1. Défaut d'envoi des documents : La cour a d'abord noté qu'en vertu de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales, la convocation d'un conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse. La cour a jugé que le défaut de dépôt de documents importants, en particulier la notice de présentation et l'avis du commissaire enquêteur, entache d'irrégularité la délibération, même si le projet de délibération en faisait mention.
2. Erreur de droit de la cour d'appel : La haute juridiction a conclu que la cour d’appel avait mal interprété les dispositions légales. Elle a affirmé : "la seule circonstance que le projet de délibération faisait référence à des documents ayant vocation à être annexés à la délibération à intervenir ne suffit pas à regarder l'obligation résultant de l'article L. 2121-12 comme remplie". Cela souligne la nécessité de respecter les exigences procédurales pour garantir la bonne information des conseillers municipaux.
3. Annulation de l'arrêt : Ce constat a conduit à l'annulation de l'arrêt contesté, reconnaissant ainsi que l'association LUM avait la légitimité de contester le processus ayant mené à l'adoption de la délibération municipale.
Interprétations et citations légales
- Obligation de fournir des documents : L'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales stipule : "Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal". Cette citation clairement énoncée témoigne de l'importance de la transparence et de l’information adéquate à fournir aux élus pour l'exercice de leurs mandats.
- Effets des documents manquants : La cour a noté que le défaut d'envoi des documents essentiels entachait la délibération : "le défaut d'envoi de cette note ou son insuffisance entache d'irrégularité les délibérations". Ce point souligne le principe selon lequel l'application stricte des procédures législatives est essentielle pour la légitimité des décisions prises par les organes municipaux.
- Rejet des conclusions : Enfin, le rejet des demandes d'indemnisation sur la base de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est particulièrement significatif, car il précise que l’association, en tant que partie victorieuse, ne peut pas être soumise à des frais : "Les dispositions de l'article L. 761-1 (...) font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'association Légalité et urbanisme à Mios". Cette affirmation souligne le principe d'égalité des parties dans le cadre judiciaire.
En somme, cette décision met en lumière l'importance des procédures administratives dans la prise de décisions publiques et rappelle que toute irrégularité substantielle peut mener à l'annulation des actes administratifs.