Résumé de la décision
M. A... a saisi le juge des référés du Conseil d'État afin de suspendre l'exécution d'un décret (n° 2020-548) pris le 11 mai 2020, qui impose des mesures de restriction des déplacements en raison de l'épidémie de covid-19. Le requérant conteste ces restrictions au motif qu'elles portent atteinte à plusieurs libertés fondamentales, notamment la liberté de circulation et le droit de propriété, arguant que la mesure est disproportionnée et contraint les propriétaires et locataires à recourir à des professionnels pour l'entretien de leurs biens immobiliers. Cependant, le juge des référés a rejeté sa demande, considérant qu'il n'existait pas d'urgence justifiant une suspension immédiate du décret.
Arguments pertinents
1. Urgence non justifiée : Le juge a estimé qu'une atteinte à une liberté fondamentale ne suffisait pas à établir l'urgence exigée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Il a affirmé que M. A... ne fournissait aucune circonstance particulière justifiant une intervention rapide.
> "Il appartient au juge des référés d'apprécier... si la condition d'urgence est satisfaite... en prenant en compte la situation du requérant... mais aussi l'intérêt public."
2. Intérêt public : Le juge a pris en considération l'intérêt public lié aux mesures de restriction des déplacements, qui visent à combattre la propagation du virus durant l'état d'urgence sanitaire.
> "Il est manifeste que... l'intérêt public qui s'attache aux mesures prises... restreignent les déplacements pour lutter contre la reprise de la propagation du virus."
3. Conciliation des droits : La décision met en avant la nécessité de trouver un équilibre entre les droits et libertés individuels et la protection de la santé publique, un objectif de valeur constitutionnelle.
> "Conciliation entre les droits et libertés et l'objectif de valeur constitutionnelle de protection de la santé."
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L. 521-2 : Cet article stipule que le juge des référés peut ordonner des mesures pour la sauvegarde d'une liberté fondamentale en cas d'atteinte grave et manifestement illégale, mais requiert également une situation d'urgence. La formulation précise de cet article a guidé le juge dans son évaluation de la requête.
2. Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Il permet au juge de rejeter une requête sans instruction lorsque l'urgence n'est pas remplie ou lorsque la demande est manifestement infondée. Cette disposition a été utilisée pour justifier le rejet immédiat de la requête de M. A... sans audience.
3. Poids des circonstances exceptionnelles : La décision souligne que les circonstances exceptionnelles liées à l'État d'urgence sanitaire imposent un cadre dans lequel la sécurité publique prévaut sur des préoccupations individuelles :
> "Eu égard... aux circonstances exceptionnelles... qui ont conduit le législateur à déclarer... l'état d'urgence sanitaire."
En conclusion, la décision du juge des référés repose sur une appréciation équilibrée entre les droits individuels et l'intérêt général, affirmant la légitimité des mesures gouvernementales en période de crise sanitaire exceptionnelle.