Résumé de la décision
Les époux B... ont formé un appel contre une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Grenoble, qui avait refusé d'ordonner leur relogement en urgence au motif qu'il n'y avait pas de caractère grave et manifestement illégal quant à leur droit à l’hébergement d’urgence. Entretemps, l'administration a finalement accordé un hébergement d’urgence aux requérants, rendant leur appel sans objet. Par conséquent, le tribunal a décidé qu'il n'y a pas lieu de statuer sur leur demande.
Arguments pertinents
1. Droit à l’hébergement d’urgence : Les requérants ont soutenu que le refus de relogement portait atteinte à leur droit à l’hébergement d'urgence, une liberté fondamentale selon l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Ils faisaient valoir une situation d'urgence et de détresse, argumentant que l'administration n'avait pas pris toutes les mesures nécessaires pour leur fournir un hébergement, ce qui constitue une atteinte grave à leur existence matérielle.
2. Caractère devenu sans objet de la demande : En réponse, l'administration a proposé un hébergement le 18 juillet 2016, après le dépôt de la requête. Le juge a conclu que, dans ces conditions, les conclusions des époux B... étaient devenues sans objet, et a donc décidé qu'il n'y avait pas lieu d’y statuer.
Interprétations et citations légales
1. Atteinte à une liberté fondamentale : Le juge des référés s'est appuyé sur l’article L. 521-2 du code de justice administrative, qui permet d'ordonner des mesures pour protéger les libertés fondamentales lorsqu'une atteinte grave et manifestement illégale est constatée. Il a affirmé que le droit à l’hébergement d’urgence, reconnu par la loi, constitue effectivement une liberté fondamentale.
- Citation : "Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale..."
2. Condition d'urgence : La notion d'urgence a été jugée comme étant remplie en raison de l'absence totale d'hébergement et de ressources, illustrant les critères selon lesquels le juge peut intervenir. Cependant, l'intervention de l'administration a changé la dynamique de l’urgence en rendant la demande initiale sans objet.
- Citation : "...les éléments du dossier ne permettaient pas de caractériser une atteinte grave et manifestement illégale à leur droit à l'hébergement d'urgence".
3. Juridiction compétente : Le refus du juge des référés de statuer sur la demande des époux B...est également basé sur le fait qu'une solution a été proposée par l'administration, ce qui traduit l'importance du fait que les mesures nécessaires incombent à l'État dans l'exercice de ses fonctions sociales.
- Citation : "Dans ces conditions, les conclusions d'appel de M. et Mme B...tendant à ce que le juge des référés fasse usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-2... sont devenues sans objet."
Cette décision met en lumière non seulement l'importance du droit à l'hébergement d'urgence, mais aussi la dynamique entre l'urgence de la situation des individus et l'action (ou inaction) de l'administration dans la protection de ces droits fondamentaux.