Résumé de la décision
La société MGDP Investissement a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Melun pour obtenir l'autorisation d'exploiter une installation temporaire d'abattage à Villiers-sur-Marne, en invoquant une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales en raison du refus du préfet du Val-de-Marne. La requête a été rejetée au motif que la condition d'urgence n'était pas remplie, le juge indiquant que les circonstances ne justifiaient pas une intervention à très bref délai. De plus, l'intervention de l'association Comité de soutien des usagers a été déclarée irrecevable.
Arguments pertinents
1. Condition d’urgence : Le tribunal a examiné si la situation présentait une urgence caractérisée. Il a conclu que la société MGDP Investissement n’a pas démontré d'éléments spécifiques justifiant une intervention rapide, rendant ainsi la condition d’urgence non remplie. Ceci est illustré par le fait que plusieurs demandes antérieures pour la suspension de l’exécution de la décision refusant l’autorisation avaient déjà été rejetées.
> "la condition d'urgence, requise par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme étant en l'espèce remplie."
2. Irrecevabilité de l’intervention associative : L’intervention de l'association a été jugée irrecevable car elle n’a pas été formée conformément à l’article R. 632-1 du code de justice administrative, ce qui met en évidence l'importance de respecter les procédures formelles en matière de recours.
> "cette intervention n'a pas été formée par mémoire distinct ; qu'elle n'est, dès lors, pas recevable."
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, deux articles clés du Code de justice administrative ont été appliqués :
1. Code de justice administrative - Article L. 521-2 : Cet article fait référence à la possibilité pour le juge des référés d'ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale, en cas d'urgence. Ici, le tribunal a trié la requête sous ce cadre, mais a conclu que la société ne justifiait pas l'urgence.
> "Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale."
2. Code de justice administrative - Article R. 632-1 : Cet article précise les modalités d’intervention des tiers dans une procédure. La non-conformité de l’association aux exigences formelles de cet article a conduit à l'irrecevabilité de son intervention.
> "Contraire aux prescriptions de l'article R. 632-1 du code de justice administrative, cette intervention n'a pas été formée par mémoire distinct."
Conclusion
La décision du tribunal administratif souligne l'importance de l'urgence dans les procédures de référé et le respect des exigences procédurales pour les interventions tierces. Le manque d'arguments substantiels sur l'urgence ainsi que le non-respect des formes requises conduisent inévitablement au rejet de la requête.