Résumé de la décision
L'association Civitas a saisi le Conseil d'État, en référé, pour demander la suspension de la décision implicite résultant du silence du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) sur une demande formulée le 11 janvier 2021. Cette demande visait à ce que le CSA utilise ses pouvoirs pour protéger les mineurs des contenus accessibles sur certains sites internet, en raison d'une situation jugée manifeste d'illégalité. Le Conseil d'État a rejeté la requête, considérant qu'elle était manifestement irrecevable, car l'association n'avait pas introduit de requête distincte en annulation de la décision contestée.
Arguments pertinents
Le Conseil d'État a fondé sa décision sur plusieurs points juridiques, notamment :
1. Inexistence d'une requête distincte : La requête de Civitas en référé ne peut être examinée car aucune demande distincte en annulation n'a été déposée, ce qui est requis par l'article R. 522-2 du code de justice administrative. Cela entraîne son irrecevabilité immédiate.
Citation pertinente : "Les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative... doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation."
2. Manque de condition d'urgence : Le juge des référés ne peut intervenir que si l'urgence est démontrée, ce qui n'a pas été le cas ici, renforçant ainsi la décision de rejet.
Citation pertinente : "Sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, le juge des référés... peut ordonner la suspension... lorsque l'urgence le justifie."
3. Conséquences sur l’article L. 761-1 : Étant donné le rejet de la requête en référé, les demandes de mise à la charge du CSA des frais d'instance ont également été déclarées irrecevables.
Interprétations et citations légales
La décision fait référence à plusieurs textes de loi qui régissent le fonctionnement des décisions administratives et le rôle des recours en référé :
- Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Cet article autorise le juge des référés à suspendre l'exécution d'une décision administrative si l'urgence le justifie et s'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision.
- Code de justice administrative - Article R. 522-2 : Il précise les formalités à respecter lorsqu'une demande de suspension est faite. Cela inclut l'exigence d'une requête distincte de celle en annulation.
Les interprétations des articles mentionnés indiquent l'importance pour les requérants de respecter les procédures établies pour que leurs demandes soient examinées. La jurisprudence confirme ainsi que le non-respect des exigences formelles peut entraîner le rejet de la demande, même si les enjeux de protection des mineurs sont fortement mis en avant. Le Conseil d'État souligne donc la rigueur administrative tout en rappelant que la procédure doit être suivie afin d'assurer une bonne administration de la justice.
Citation relative à la recevabilité : "Par suite, sa requête en référé ne peut qu'être rejetée comme manifestement irrecevable..." indicatif de la stricte application des règles de procédure administrative.