Résumé de la décision
M. A... B..., un ressortissant marocain, est entré en France avec un visa de court séjour en août 2016. Après avoir été interpellé en février 2018, il a fait l'objet de deux arrêtés préfectoraux l'obligeant à quitter le territoire français. Le tribunal administratif de Rennes a annulé ces arrêtés, décision confirmée par la cour administrative d'appel de Nantes. Le ministre de l'intérieur a alors formé un pourvoi en cassation, qui a été rejeté par le Conseil d'État, considérant que M. A... B... avait encore le droit de demander un titre de séjour dans le délai imparti après son dix-huitième anniversaire.
Arguments pertinents
1. Obligation de titre de séjour : Selon l'article L. 311-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, tout étranger de plus de dix-huit ans doit être titulaire d'un document de séjour pour séjourner en France plus de trois mois. Cependant, l'article L. 511-4 précise que les étrangers mineurs ne peuvent pas faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire.
2. Délai de demande de titre de séjour : L'article R. 311-2 stipule que les étrangers résidant en France avant leur majorité doivent demander un titre de séjour dans les deux mois suivant leur dix-huitième anniversaire. La cour a jugé que M. A... B... n'avait pas dépassé ce délai, ce qui l'a protégé contre l'obligation de quitter le territoire.
3. Absence d'erreur de droit : La cour administrative d'appel a correctement interprété la loi en concluant que le préfet ne pouvait pas légalement prendre des mesures d'expulsion tant que M. A... B... n'avait pas dépassé le délai pour demander un titre de séjour.
Interprétations et citations légales
1. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 311-1 : Cet article impose à tout étranger de plus de dix-huit ans de détenir un document de séjour pour un séjour supérieur à trois mois, sauf exceptions. Cela souligne l'importance de la régularité du séjour.
2. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 511-4 : Cet article stipule que les étrangers mineurs ne peuvent pas faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire, ce qui est crucial pour comprendre la protection accordée à M. A... B... avant son dix-huitième anniversaire.
3. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article R. 311-2 : Cet article précise que les étrangers doivent demander un titre de séjour dans un délai de deux mois après leur majorité. La cour a interprété que M. A... B... avait encore ce droit au moment des arrêtés, ce qui a conduit à la conclusion que les mesures préfectorales étaient illégales.
En somme, la décision du Conseil d'État repose sur une interprétation rigoureuse des délais et des droits des étrangers, confirmant que M. A... B... était en droit de demander un titre de séjour et ne pouvait pas être expulsé tant qu'il n'avait pas dépassé le délai légal pour le faire.