Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. B... A... et d'autres requérants ont demandé l'annulation pour excès de pouvoir de l'ordonnance n° 2019-76 du 6 février 2019 et du décret n° 2019-264 du 2 avril 2019, qui établissaient des mesures relatives à l'entrée, au séjour, aux droits sociaux et à l'activité professionnelle des ressortissants britanniques en cas de retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord. Le Conseil d'État a constaté que, suite à l'entrée en vigueur d'un accord sur le retrait du Royaume-Uni, les dispositions de l'ordonnance et du décret étaient devenues caduques, rendant le litige sans objet. Par conséquent, il n'y avait pas lieu de statuer sur les requêtes et les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ont été rejetées.
Arguments pertinents
1. Caducité des dispositions : Le Conseil d'État a souligné que l'accord sur le retrait du Royaume-Uni, approuvé par la décision (UE) 2020/135, est entré en vigueur le 1er février 2020. Cela a rendu caduques les dispositions de l'ordonnance et du décret, qui étaient conditionnées à l'absence d'accord. Le Conseil a affirmé : « La condition à laquelle était subordonnée l'entrée en vigueur de l'ordonnance et du décret ne pouvant plus intervenir, leurs dispositions sont ainsi devenues caduques, et par suite le litige sans objet. »
2. Absence de contestation sur l'accord : Le Conseil d'État a également noté que l'existence d'une contestation de l'accord ne faisait pas obstacle à la caducité des dispositions, ce qui a conduit à la décision de ne pas statuer sur les requêtes.
Interprétations et citations légales
1. Loi n° 2019-30 du 19 janvier 2019 : Cette loi habilitait le Gouvernement à prendre des mesures par ordonnances pour préparer le retrait du Royaume-Uni. L'article 1er de cette loi stipule que le Gouvernement pouvait « prendre par ordonnances les mesures relevant du domaine de la loi pour tirer les conséquences d'un retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord ». Cela a permis au Gouvernement de définir des règles applicables en cas de retrait sans accord.
2. Article 50 du Traité sur l'Union européenne : Cet article régit le processus de retrait d'un État membre de l'Union européenne. Le Conseil d'État a fait référence à cet article pour justifier le cadre légal des mesures prises par le Gouvernement en cas de retrait sans accord.
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article prévoit la possibilité d'allouer des frais de justice à la charge de l'État. Le Conseil d'État a décidé de ne pas faire droit aux conclusions des requérants au titre de cet article, en raison des circonstances de l'espèce.
En conclusion, la décision du Conseil d'État repose sur la constatation de la caducité des mesures contestées suite à l'entrée en vigueur d'un accord sur le retrait du Royaume-Uni, ce qui a rendu le litige sans objet.