Résumé de la décision
La décision concerne la requête de plusieurs communes, demandant l'annulation du décret n° 2017-608 du 21 avril 2017, relatif à l'extension des dispenses de formalités en matière d'urbanisme. Ces communes soulèvent également une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) concernant la conformité de l'article L. 421-5 du code de l'urbanisme aux droits et libertés garantis par la Constitution. Le Conseil d'État a décidé de ne pas renvoyer la question au Conseil constitutionnel, jugeant que la question soulevée n'était pas nouvelle et ne présentait pas un caractère sérieux.
Arguments pertinents
1. Applicabilité de la disposition : Le Conseil d'État a confirmé que les dispositions litigieuses de l'article L. 421-5 du code de l'urbanisme étaient applicables au litige, car elles définissent les constructions dispensées de formalité.
2. Droit de propriété : Concernant la question de la protection du droit de propriété, le Conseil a affirmé que les dispositions ne portaient pas atteinte à ce droit, citant expressément l'article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.
3. Libre administration des collectivités territoriales : Le Conseil a également précisé que le législateur avait la prérogative de déterminer les principes de libre administration des collectivités locales, tandis que les modalités de mise en œuvre relevaient du domaine réglementaire. Il a noté que les dispositions en question n'entraient pas en contradiction avec le principe de liberté des collectivités territoriales (article 72 de la Constitution).
4. Caractère sérieux de la question : Enfin, le Conseil a conclu que la question soulevée n'était pas nouvelle et manquait de caractère sérieux, se dispensant ainsi de la nécessité de renvoyer la QPC au Conseil constitutionnel.
Interprétations et citations légales
1. Code de l'urbanisme - Article L. 421-5 : Cet article établit les critères permettant de dispenser certaines constructions de formalités en matière d'urbanisme. Il précise que les constructions peuvent être exemptées de formalités "en raison de la faible durée de leur maintien en place ou de leur caractère temporaire compte tenu de l'usage auquel ils sont destinés". Cette rédaction permet une certaine flexibilité dans la gestion des constructions temporaires par les collectivités locales.
2. Constitution - Article 61-1 : Ce texte permet de soulever une question prioritaire de constitutionnalité lors d'un litige, selon certaines conditions. Le Conseil d'État a appliqué ces conditions en précisant que la question soulevée doit répondre aux critères d'applicabilité, de nouveauté et de sérieux.
3. Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 - Article 2 : Le Conseil a mentionné cet article pour affirmer que les dispositions de l'article L. 421-5 ne violent pas le droit de propriété, consolidant ainsi la légitimité des régulations en matière d'urbanisme.
En somme, le Conseil d'État a appliqué une analyse rigoureuse des dispositions législatives et constitutionnelles, concluant que la question soulevée par les communes ne fondait pas un renvoi au Conseil constitutionnel, corroborée par des principes juridiques établis.