Résumé de la décision :
Dans cette affaire, la ville de Nice conteste un arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille qui avait annulé un arrêté préfectoral déclarant d'utilité publique la création d'un équipement public sur la villa "La Luna". Le tribunal administratif avait jugé que des erreurs étaient intervenues dans la notification des propriétaires concernés. Le Conseil d'État a annulé l'arrêt de la cour d'appel, reconnaissant la validité de l'affichage en mairie en tant que substitut à la notification individuelle, et a condamné Mme B... à verser 3 000 euros à la ville de Nice au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents :
1. Erreur de droit sur la notification : Le Conseil d'État a estimé que la cour administrative d'appel avait commis une erreur de droit en jugeant que l'affichage en mairie ne pouvait pas se substituer à la notification individuelle. En effet, il est stipulé que "l'expropriant n'est pas tenu de procéder à de nouvelles recherches" si le courrier recommandé n'est pas retourné, ce qui valide la procédure suivie par le préfet.
2. Application des dispositions légales : La décision rappelle que les articles du Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique encadrent strictement les modalités de notification aux propriétaires. L'article R. 11-22 stipule que "la notification est faite en double copie au maire qui en fait afficher une," ce qui a été respecté dans cette procédure.
Interprétations et citations légales :
1. Sur la notification selon le Code de l'expropriation :
- Code de l'expropriation - Article R. 11-19 : Cet article impose à l'expropriant de remettre la liste des propriétaires et de procéder à la notification aux personnes dont le domicile est connu. Il précise que les informations doivent être issues des documents cadastraux ou des renseignements du conservateur des hypothèques.
- Code de l'expropriation - Article R. 11-22 : Établissant les modalités de notification, cet article indique que "en cas de domicile inconnu, la notification est faite en double copie au maire," ce qui a été effectué conformément à la loi.
2. Sur l'absence de plein recours :
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Le Conseil d'État a appliqué ce texte pour décider de la répartition des frais, stipulant que la commune, n’étant pas la partie perdante, ne pouvait pas être condamnée à verser une somme à Mme B... : "il y a donc lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B... une somme de 3 000 euros."
En somme, cette décision illustre l'importance de la conformité aux procédures de notification dans les expropriations pour cause d'utilité publique, tout en établissant la légitimité de l'affichage en mairie comme méthode acceptable dans les cas où les notifications individuelles ne sont pas retournées.