Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. et Mme C... ont demandé l'annulation d'une décision du 8 juin 2018 par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de modifier le décret du 10 février 2017 accordant la nationalité française à l'un des parents pour y faire mention de leur fils Aren, né le 25 avril 1997. Le tribunal a conclu que M. et Mme C... ne pouvaient pas prétendre à cette modification car leur fils était majeur à la date de la signature du décret, rendant inapplicable l'effet collectif prévu par l'article 22-1 du code civil. En conséquence, la requête a été rejetée.
Arguments pertinents
1. Délégation de signature valide : La décision contestée a été prise par M. Leclerc, qui détenait une délégation régulière du ministre, conférant ainsi la légitimité à la décision (point 3).
2. Condition d'âge pour l'effet collectif : Le tribunal a souligné que, conformément à l'article 22-1 du code civil, un enfant ne peut devenir français de plein droit par effet de la nationalité d'un parent que s'il est mineur au moment de l'acquisition de celle-ci. M. B... C..., étant devenu majeur à la date du décret, ne pouvait pas bénéficier de cet effet, quelle que soit la durée de la procédure d'instruction (points 1 et 4).
3. Rejet des conclusions accessoires : En raison du rejet de la demande principale, les demandes d'injonction et celles fondées sur les modalités de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ont également été rejetées (point 5).
Interprétations et citations légales
1. Article 22-1 du Code civil : Cet article stipule que "L'enfant mineur dont l'un des deux parents acquiert la nationalité française, devient français de plein droit s'il a la même résidence habituelle que ce parent ou s'il réside alternativement avec ce parent dans le cas de séparation ou divorce." La condition d'âge play un rôle crucial ici, indiquant que l'effet collectif ne s'applique que si l'enfant est mineur lors de l'acquisition de la nationalité de l'un des parents.
2. Interprétation de la condition d'âge : La décision précise que "En l'absence de prescription en disposant autrement, cette condition d'âge s'apprécie à la date de signature des décrets pris sur son fondement." Cela implique que le statut légal de l'enfant est essentiel pour déterminer si les conditions d'attribution de la nationalité peuvent être respectées.
Cette analyse montre comment le tribunal a appliqué le cadre légal pour aboutir à une décision qui se base sur l'application stricte des dispositions du Code civil concernant la nationalité. Les conclusions tirées soulignent l'importance d’examiner les circonstances individuelles dans le cadre des règles générales établies par la loi.