Résumé de la décision
La décision porte sur la requête de M. B..., qui a acquis la nationalité française par décret du 31 octobre 2008. Il a demandé la modification de ce décret afin d'inclure le nom de son enfant, Abdennour, né le 6 février 2008, pour lui faire bénéficier de la nationalité française. Le Conseil d'État a été saisi de la décision du ministre de l'intérieur du 14 juin 2017, qui a refusé cette modification. Le Conseil d'État a rejeté la requête de M. B..., considérant qu'il n'avait pas informé l'administration de l'existence de son enfant avant l'obtention de sa nationalité, et qu'Abdennour ne résidait pas en France avec lui à la date du décret.
Arguments pertinents
Les arguments clés de la décision se fondent sur les dispositions du Code civil concernant l'acquisition de la nationalité par les enfants mineurs. Le Conseil d'État souligne l'absence de notification par M. B... de l'existence de son enfant à l'administration avant la signature du décret, ce qui est primordial pour que l'enfant puisse bénéficier de la nationalité française par le biais de la naturalisation de son parent.
En précisant les conditions nécessaires, le Conseil d'État cite :
- "un enfant mineur ne peut devenir français de plein droit par l'effet du décret qui confère la nationalité française à l'un de ses parents qu'à condition... que ce parent ait porté son existence... à la connaissance de l'administration avant la signature du décret".
Interprétations et citations légales
Les textes de loi appliqués dans cette décision reflètent des interprétations strictes quant aux conditions d'attribution de la nationalité française aux enfants. Selon le Code civil - Article 22-1, une condition sine qua non pour qu'un enfant mineur devienne français par naturalisation de l'un de ses parents est que ce dernier doit avoir informé l'administration de l'existence de l'enfant avant l'octroi de la nationalité.
Le texte stipule également que, pour que l'enfant puisse acquérir la nationalité, il doit résider avec le parent de manière stable et durable. Cela renforce l'idée que la nationalité ne peut pas être retenue par défaut et qu'elle nécessite des démarches administratives appropriées de la part du parent naturalisé.
Ainsi, la décision rendue par le Conseil d'État souligne les exigences légales claires qui encadrent l'obtention de la nationalité française et l'importance de la transparence dans les démarches administratives à cet égard.