Résumé de la décision
La décision concerne M. A..., un ressortissant béninois qui avait été naturalisé en France par décret du 25 septembre 2013, en déclarant être divorcé. Cependant, il s'est avéré qu'il avait contracté un mariage en novembre 2012 au Canada, non mentionné dans sa demande de naturalisation. Sur cette base, le Premier ministre a rapporté le décret de naturalisation le 9 mai 2017. La requête de M. A... pour annuler cette décision a été rejetée, car la dissimulation de son mariage constituait un motif légitime pour rapporter sa naturalisation.Arguments pertinents
1. Motivation suffisante du décret : Le décret rapportant la naturalisation a été jugé suffisamment motivé car il indique les éléments de droit et de fait justifiant cette décision.2. Délai de deux ans : Le délai de deux ans pour annuler un décret de naturalisation a commencé à courir lorsque la réalité de la situation familiale de M. A... a été portée à la connaissance de l'administration, soit le 26 mai 2015. Le décret du 9 mai 2017 respectait donc ce délai.
3. Conditions de naturalisation : Selon l'article 21-16 du Code civil, la naturalisation est conditionnée à la résidence en France lors de la signature du décret. M. A... ayant dissimulé son mariage, cela a pu influencer l'évaluation de son centre d'intérêts en France.
Interprétations et citations légales
- Conditions de rapport de naturalisation : "Les décrets portant acquisition, naturalisation ou réintégration peuvent être rapportés sur avis conforme du Conseil d'Etat dans le délai de deux ans à compter de leur publication au Journal officiel si le requérant ne satisfait pas aux conditions légales." (Code civil - Article 27-2)- Inadmissibilité de la demande de naturalisation : "Nul ne peut être naturalisé s'il n'a en France sa résidence au moment de la signature du décret de naturalisation." (Code civil - Article 21-16)
Cette décision souligne l'importance de la transparence et de l'honnêteté dans les déclarations faites lors des demandes de naturalisation, car tout mensonge ou omission peut entraîner des conséquences graves, telles que le retrait de la naturalisation. M. A... a ainsi été considéré comme ayant agi sciemment, ce qui justifie le rejet de sa demande de contestation.