Résumé de la décision
La décision concerne une demande d'hébergement d'urgence formulée par Mme A..., une femme comorienne enceinte avec des complications médicales. Après avoir été hébergée chez une connaissance, elle a été contrainte de demander une aide au numéro d'urgence social (115), mais n'a pas obtenu de réponse. Par conséquent, elle a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Nantes pour ordonner au préfet de lui fournir un hébergement d'urgence. Cependant, après le dépôt de la requête, l'administration a finalement garanti un hébergement à Mme A.... Dans cette situation, le tribunal a jugé que les conclusions de l'appel étaient devenues sans objet, rejetant ainsi la demande.
Arguments pertinents
Dans sa décision, le tribunal a mis en exergue plusieurs points clés :
1. Absence d'objet due à l'hébergement fourni : Les juges ont noté que, depuis le 24 mars 2016, un hébergement d'urgence avait été offert à Mme A..., rendant sans objet son appel contre le refus antérieur de l'administration. La condition pour que le juge des référés intervienne était donc absente.
Citation pertinente : "les conclusions d'appel de l'intéressée tendant à ce que le juge des référés fasse usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-2 du code de justice administrative sont devenues sans objet."
2. Rejet des demandes au titre des articles 37 et L. 761-1 : Le tribunal a également rejeté les conclusions de Mme A... visant à obtenir des indemnités au titre des frais exposés, considérant que le contexte ne justifiait pas l'octroi de ces demandes.
Citation pertinente : "il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la requérante au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative."
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, plusieurs points de droit ont été abordés :
1. Droit à l'hébergement d'urgence : L'article L. 115-1 du Code de l'action sociale et des familles établit que toute personne en détresse a droit à un hébergement d'urgence. Dans ce contexte, le tribunal a examiné si l’administration avait satisfait à cette obligation.
2. Injonction du juge des référés : Selon l'article L. 521-2 du Code de justice administrative, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires pour garantir les droits de la personne en cas d'urgence. Toutefois, ici, la situation a été régularisée avant la décision du tribunal, rendant l'injonction inapplicable.
Citation directe : "le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de lui indiquer un lieu d'hébergement d'urgence susceptible de l'accueillir."
3. Indemnité pour frais de justice : L'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et l'article L. 761-1 du Code de justice administrative prévoient la possibilité de remboursement des frais engagés par une partie dans le cadre d'une procédure. Le tribunal a exercé son pouvoir discrétionnaire pour ne pas faire droit à cette demande, considérant les circonstances particulières de l'affaire.
Citation légale : "Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la requérante au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative."
Ainsi, la décision est fondée sur une interprétation claire du droit à l'hébergement d'urgence et de la procédure devant le juge des référés, prenant en compte l'évolution de la situation de la requérante tout en appliquant les principes juridiques relatifs aux demandes d'indemnité.