Résumé de la décision
La Fédération générale autonome des fonctionnaires - union régionale de la Réunion a introduit deux requêtes (n° 394762 et n° 394861) visant à annuler le décret du 6 novembre 2015 qui nomme des représentants des activités économiques et sociales de l'outre-mer au Conseil économique, social et environnemental (CESE). La décision du Conseil d'État, après avoir examiné les arguments de la fédération, a conduit au rejet des deux requêtes. Le Conseil a estimé que le décret a été régulièrement signé par le Premier ministre, que la fédération avait eu la possibilité de proposer des candidatures malgré un délai court, et que la répartition des sièges n'enfreint ni le principe d'égalité devant la loi ni les dispositions légales en vigueur.
Arguments pertinents
1. Régularité de la signature du décret : Le Conseil d'État a affirmé que l'ampliation du décret, certifiée conforme, prouve qu'il a été signé par le Premier ministre. Le moyen de contestation lié à l'absence de signature a donc été écarté.
> "l'ampliation du décret attaqué, certifiée conforme par le secrétaire général du gouvernement, fait foi de ce que ce décret a été signé par le Premier ministre".
2. Absence d'irrégularité procédurale : Bien que la fédération ait argué d'une procédure irrégulière due à un court délai pour proposer des nominations, le Conseil a jugé que ce délai, bien que court, n'avait pas privé la fédération de la possibilité de soumettre une candidature.
> "il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que ce délai, en dépit de sa brièveté, ait privé la fédération requérante de la possibilité de proposer le nom d'une personnalité".
3. Validité de la répartition des sièges : Le Conseil d'État a statué que le décret ne méconnaît ni le principe d'égalité ni l'article 7 de l'ordonnance du 29 décembre 1958. Il a indiqué qu'il était loisible au pouvoir réglementaire de désigner des personnalités représentatives de chaque collectivité sans qu'il y ait besoin d'une corrélation stricte avec le poids démographique.
> "il était toutefois loisible au pouvoir réglementaire de désigner une personnalité représentant chacun des départements, régions ou collectivités territoriales d'outre-mer".
Interprétations et citations légales
1. Ordonnance n° 58-1360 du 29 décembre 1958 - Article 7 : Cet article définit la composition du Conseil économique, social et environnemental, spécifiant que les représentants des activités économiques et sociales des collectivités d'outre-mer doivent être désignés après consultation des organisations professionnelles locales.
> "Le Conseil économique, social et environnemental comprend : [...] 2° Soixante membres au titre de la cohésion sociale et territoriale et de la vie associative, répartis ainsi qu'il suit : [...] onze représentants des activités économiques et sociales des départements et régions d'outre-mer".
2. Décret n° 84-558 du 4 juillet 1984 - Article 11 : Cet article précise les modalités de désignation des représentants des collectivités d'outre-mer, soulignant la nécessité d'une consultation des organisations représentatives.
> "Les onze représentants des activités économiques et sociales des départements et régions d'outre-mer [...] sont désignés par décret pris sur le rapport du ministre chargé de l'outre-mer après consultation des organisations professionnelles locales les plus représentatives".
Cette décision illustre l’équilibre entre la conformité aux procédures juridiques et la flexibilité accordée au pouvoir réglementaire dans la représentation des différents territoires français.