Résumé de la décision
M. A... B... a demandé l’annulation d'une décision implicite du ministre de la transition écologique et solidaire, qui a rejeté sa demande de modification d'un arrêté du 29 novembre 2001. Cet arrêté fixait la liste des emplois ouvrant droit à la nouvelle bonification indiciaire (NBI) au titre de la politique de la ville pour certains personnels du ministère. M. B... soutenait que ses responsabilités dans son emploi d'adjoint à la cheffe d’unité "Hébergement-logement" étaient comparables à celles d'autres emplois bénéficiaires de la NBI. Le Conseil d'État a annulé la décision implicite de rejet, considérant que le ministre n’avait pas apporté d’éléments contestables aux arguments de M. B..., et a ordonné à l'État de verser 500 euros à M. B... en vertu de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
La décision repose sur plusieurs arguments clés :
1. Respect du principe d'égalité : Le Conseil d'État a souligné que la liste des emplois ouvrant droit à la NBI doit être établie dans le respect du principe d'égalité. En effet, tous les agents exerçant dans des conditions équivalentes doivent bénéficier de manière équitable de la même bonification.
> "La liste des emplois qui, comportant une responsabilité ou une technicité particulière, ouvrent droit, en vertu de l'arrêté litigieux... doit être établie dans le respect du principe d'égalité."
2. Absence d'éléments contestables : Le Conseil d'État a noté que les ministres compétents n'avaient fourni aucun élément pour contester les faits avancés par M. B... concernant la nature de son travail et ses responsabilités.
> "Les ministres... n'ont apporté... aucun élément de nature à contester les éléments de fait circonstanciés relevés par M. A... B...."
3. Droit à la NBI : La décision indique que seuls les emplois définis par les arrêtés et qui nécessitent des connaissances techniques ou impliquent des responsabilités spécifiques ouvrent droit à la NBI. Le Conseil a constaté que l'emploi de M. B... rentrait dans cette définition.
Interprétations et citations légales
La décision fait référence à plusieurs textes législatifs et réglementaires qui établissent le cadre juridique pour l’attribution de la NBI :
1. Loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 - Article 27 : Cet article stipule que la NBI peut être accordée pour certains emplois comportant des responsabilités particulières ou des technicités spécifiques. Il est souligné que cette attribution se fait "dans des conditions fixées par décret".
> "La nouvelle bonification indiciaire des fonctionnaires est attribuée 'pour certains emplois comportant une responsabilité ou une technicité particulière dans des conditions fixées par décret'."
2. Décret n° 2001-1129 du 29 novembre 2001 : Ce décret précise que la NBI peut être versée dans la limite des crédits disponibles aux fonctionnaires relevant de certains ministères. Cela installe le cadre pour l’identification des postes.
> "Le décret... prévoit que la nouvelle bonification... peut être versée mensuellement... aux fonctionnaires exerçant une des fonctions figurant en annexe."
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article permet au juge d’ordonner le versement d’une somme d’argent pour couvrir les frais de justice des parties. Cette disposition a été utilisée pour condamner l'État à verser 500 euros à M. B...
> "Il y a lieu... de mettre à la charge de l'État une somme de 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative."
Ces textes législatifs et réglementaires établissent un cadre rigoureux pour l'attribution de la NBI et renforcent l'argumentation du Conseil d'État concernant l'égalité de traitement des fonctionnaires.