Résumé de la décision
La SCI La Cigalière, la SCI La Rose des vents, M. et Mme B..., et M. et Mme D... ont formé un pourvoi contre un arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille qui rejetait leur demande d'annulation des délibérations du 10 août 2010 adoptées par l'ASA des zones 3-3 bis et 4 du lotissement Miramar d'Estérel-l'Esquillon. Ces délibérations concernaient la demande de distraction de leurs propriétés du périmètre de l'association, initialement exclues par un arrêté préfectoral qui avait par la suite été annulé. Le Conseil d'État a annulé l'arrêt attaqué, a renvoyé l'affaire à la cour d'appel et a condamné l'ASA à verser 3 000 euros aux requérants au titre des frais judiciaires.
Arguments pertinents
1. Mécanisme de contrôle des décisions administratives :
Le Conseil d'État a souligné que le juge de l’excès de pouvoir doit fonder sa conviction sur les éléments du dossier présenté par les parties. Il ne doit pas exiger des requérants qu'ils apportent une preuve irréfutable de leurs affirmations, surtout lorsque ces allégations ne sont pas démenties par l'administration. Ainsi, il revient au juge de procéder à une instruction adéquate et d’exiger la production de documents nécessaires pour vérifier les revendications des plaignants.
> "Il ne saurait exiger de l'auteur du recours que ce dernier apporte la preuve des faits qu'il avance ; le cas échéant, il revient au juge... de prendre toutes mesures propres à lui procurer, par les voies de droit, les éléments de nature à lui permettre de former sa conviction."
2. Irregularité des convocations du collège électoral :
Les requérants soutenaient que les délibérations étaient irrégulières, car les propriétaires précédemment exclus du périmètre de l'association n'avaient pas été convoqués à l'assemblée générale, bien que cette exclusion ait été annulée. La cour administrative d’appel a écarté ce moyen en affirmant que les requérants n'avaient pas démontré l'irrégularité des convocations.
> "En écartant ce moyen au motif que les requérants ne démontraient pas l'irrégularité des convocations, la cour a méconnu les règles rappelées ci-dessus."
Interprétations et citations légales
1. Pouvoirs du juge de l'excès de pouvoir :
Le Conseil d'État a rappelé que, dans le cadre des recours en annulation, le juge dispose d'un pouvoir d'instruction qui lui permet d'ordonner la production d'éléments de preuve. Cela signifie qu'il doit être en mesure de fonder sa décision sur un examen complet de la situation, sans se limiter aux seules allégations des parties.
> "Il appartient au juge de l'excès de pouvoir de former sa conviction sur les points en litige au vu des éléments versés au dossier par les parties."
2. Ordonnance et décret régissant les associations syndicales de propriétaires :
L'affaire a également été influencée par l'ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 et le décret n° 2006-504 du 3 mai 2006, qui régissent la création et le fonctionnement des associations syndicales de propriétaires, notamment en ce qui concerne leur modification et les procédures associées.
> "Un arrêté du 4 juin 2009 a modifié d'office ses statuts, pour les mettre en conformité avec les dispositions de l'ordonnance du 1er juillet 2004."
Ces éléments jettent lumière sur les fondements juridiques qui ont motivé la décision du Conseil d'État, qui a ainsi réaffirmé l'importance du respect des procédures dans le cadre du droit des associations syndicales de propriétaires.