Résumé de la décision
Dans le cadre d'une contestation dirigée contre un arrêté du préfet de la région Île-de-France fixant la répartition des sièges au sein du conseil communautaire de la communauté d'agglomération "Roissy Pays de France", les communes de Dammartin-en-Goële et de Garges-Lès-Gonesse ont demandé la suspension de cet arrêté. Le juge des référés du tribunal administratif de Paris a initialement suspendu l'exécution de l'arrêté sur la base d'un doute sérieux concernant la constitutionnalité des dispositions législatives applicables. Cependant, le Conseil d'État, en statuant sur le fond, a annulé cette ordonnance et rejeté les demandes de suspension, indiquant que les dispositions contestées du Code général des collectivités territoriales n’étaient pas applicables au cas en question.Arguments pertinents
1. Applicabilité des dispositions législatives : Le Conseil d'État a précisé que les dispositions du c du 1° de l'article L. 5211-6-2 du Code général des collectivités territoriales ne s’appliquent pas à l’arrêté contesté. Cela a conduit à la conclusion qu'aucun doute sérieux ne pouvait exister quant à la légalité de l'arrêté, conduisant à l’erreur de droit du juge des référés :> "Il suit de là qu'en jugeant qu'était, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué, le moyen tiré de l'absence de conformité à la Constitution des dispositions du c du 1° de l'article L. 5211-6-2 du code général des collectivités territoriales, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a commis une erreur de droit."
2. Inapplicabilité au regard des procédures : En outre, le Conseil d'État a indiqué qu'il n'était pas saisi pour apprécier la conformité de la loi à la Constitution dans le cadre du contentieux, ce qui a justifié le rejet des arguments des requérantes :
> "En dehors des cas et conditions où il est saisi sur le fondement de l'article 61-1 de la Constitution, il n'appartient pas au Conseil d'État, statuant au contentieux, de se prononcer sur un moyen tiré de la non-conformité de la loi à une norme de valeur constitutionnelle."
Interprétations et citations légales
1. Code général des collectivités territoriales : La décision repose sur l'interprétation des articles relatifs à la désignation des conseillers communautaires. L'article L. 5211-6-2 détermine les modalités de cette désignation mais, dans ce cas, les dispositions invoquées ne s'appliquaient pas, influençant ainsi l'évaluation des recours :> "Les dispositions du c du 1° de l'article L. 5211-6-2 [...] ne sont pas applicables au litige soulevé par les communes de Dammartin-en-Goële et de Garges-Lès-Gonesse."
2. Loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 : L'arrêté du préfet est en conformité avec les exigences posées par cette loi concernant l'organisation des instances communautaires, ce qui en renforce la légalité :
> "L'arrêté du préfet de la région d'Ile-de-France [...] a été pris en application des dispositions du VI de l'article 11 de la loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles."
En somme, la décision du Conseil d'État a été motivée par une analyse approfondie des textes applicables et de leur portée, insistant sur l'inapplicabilité des dispositions contestées et la compétence des juridictions dans le cadre du contentieux administratif.