Résumé de la décision
La société Efinovia a contesté la décision de la Commission européenne C (2015) 5394 du 4 août 2015, qui se rapportait à des aides versées par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME). Efinovia a demandé au Conseil d’État d’ordonner à l'État une astreinte de 1 000 000 euros par jour en raison de son statut dans le groupe de contrôle prévu par le plan d'évaluation notifié à la Commission. La société a également souhaité la récusation du signataire du mémoire en défense de l’État et le paiement de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le Conseil d’État a rejeté la requête de la société Efinovia pour plusieurs raisons, notamment que la décision de la Commission européenne ne constitue pas une décision rendue par une juridiction administrative, et par conséquent, l'astreinte demandée ne saurait être accordée. La demande de récusation a également été rejetée pour des raisons de procédure.
Arguments pertinents
1. Incompétence de la demande d'astreinte :
- Le Tribunal a souligné que la décision C (2015) 5394 n'apporte pas le caractère d'une décision juridictionnelle, invalidant ainsi la demande d'astreinte de la société Efinovia.
- Citation pertinente : "la décision de la Commission européenne du 4 août 2015 n'a pas le caractère de décision rendue par une juridiction administrative au sens de l'article L. 911-5 du code de justice administrative."
2. Rejet de la demande de récusation :
- La demande de récusation concernant le signataire du mémoire en défense a été rejetée car celui-ci n'était pas un membre de la juridiction.
- Citation pertinente : "les conclusions tendant à la récusation de M. B... A..., signataire du mémoire en défense... ne peuvent qu'être rejetées."
3. Sur le fondement de la décision n° 387384, 388062 :
- La décision citée ne nécessite aucune mesure d'exécution, justifiant ainsi le rejet de la demande d'astreinte subsidiaire.
- Citation pertinente : "la décision n° 387384, 388062... n'appelle, par elle-même, aucune mesure d'exécution."
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L. 911-5 :
- Cet article stipule que le Conseil d'État peut ordonner une astreinte, mais seulement pour l'inexécution de décisions d'autres juridictions administratives, ce qui exclut les décisions de la Commission européenne.
- Interprétation : Le Conseil d'État ne peut pas s'appuyer sur une décision de la Commission européenne pour statuer sur une astreinte.
2. Code de justice administrative - Article L. 721-1 et R. 721-2 :
- L'article L. 721-1 permet la récusation d'un membre de la juridiction pour des raisons d'impartialité, alors que l'article R. 721-2 interdit cette demande après la fin de l’audience.
- Interprétation : La demande de récusation doit être strictement appliquée dans le cadre de son mécanisme formel, ce qui a conduit au rejet de la requête d'Efinovia.
3. Décret n° 2005-850 - Article 1er :
- Ce décret définit les compétences des personnes habilitées à signer des mémoires pour le compte du ministre, ce qui a établi la légitimité du signataire dans la présente affaire.
- Interprétation : La conformité aux règles de délégation de signature assure la légitimité des actions procédurales entreprises par l'État.
Ainsi, le Conseil d’État a statué en faveur du rejet de toutes les demandes formées par la société Efinovia, en mettant en avant la non-applicabilité des dispositions invoquées et la conformité procédurale.