Résumé de la décision
Dans la présente affaire, M. A... a contesté une ordonnance du 23 janvier 2018, par laquelle le premier vice-président du tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande pour irrecevabilité. Cette irrecevabilité était due à l'absence, dans le nombre requis d'exemplaires, d'une copie de sa demande initiale. M. A... a ensuite sollicité l'annulation de cette ordonnance. Le juge a conclu que le tribunal administratif n’avait pas averti M. A... de manière adéquate concernant l'absence de la pièce requise, et a donc annulé l'ordonnance, renvoyant l’affaire pour réexamen au tribunal administratif.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité et régularisation :
L’ordonnance du tribunal administratif a été fondée sur le non-respect de l’article R. 411-3 du code de justice administrative, stipulant que "Les requêtes doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées de copies, en nombre égal à celui des autres parties en cause". M. A... a tenté de répondre à une invitation à régulariser, mais sans inclure sa demande initiale, ce qui n’a pas été clairement précisé par le greffe.
2. Obligation d'information :
Le Conseil d'État a souligné que le tribunal aurait dû alerter le requérant sur le fait que sa tentative de régularisation était incomplète. Ainsi, "sans avoir avisé le requérant que sa réponse à l'invitation à régulariser ne comprenait pas le corps même de sa demande", le tribunal a entaché la procédure d'un vice.
Interprétations et citations légales
1. Règlementation sur la régularisation :
Selon l’article R. 612-1 du code de justice administrative, lorsqu'une demande est susceptible d'irrecevabilité, la juridiction doit inviter le requérant à la régulariser avant de se prononcer sur son irrecevabilité. L’article précise que "la demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti".
2. Droit à un procès équitable :
La décision réaffirme l'exigence de garantir le droit à un procès équitable prévu par le principe du contradictoire. En omettant de clarifier ce qui devait être régularisé, le tribunal administratif a potentiellement privé M. A... de son droit de présenter sa demande dans des conditions équitables, violant ainsi les précautions de procédure énoncées dans les articles précités.
En conclusion, cette décision met en lumière l'importance d'une communication claire et précise dans le cadre des procédures judiciaires, afin d’assurer la protection des droits des requérants et des principes d'irrecevabilité qui ne doivent pas conduire à des erreurs procédurales.