Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme A... se pourvoit en cassation contre un jugement du tribunal administratif de la Polynésie française qui a rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté du maire de Papeete. Cet arrêté retirait un précédent arrêté qui lui accordait le bénéfice d'une pension de réversion en raison de son mariage à titre posthume avec M. C..., agent de la commune décédé. Le Conseil d'État a décidé de rejeter le pourvoi de Mme A..., confirmant que son mariage, bien que posthume, avait pris effet la veille du décès et avait donc cessé d'exister à cette date, ne remplissant pas les conditions pour le bénéfice de la pension de réversion.
Arguments pertinents
1. Sur la régularité du jugement : Le tribunal administratif n'a pas violé la procédure en se fondant sur l'article 227 du Code civil pour établir que le mariage avait été dissous par le décès du conjoint. Le Conseil d’État a souligné que le tribunal a simplement répondu à un moyen soulevé sans lever d'office un moyen. Ainsi, le moyen soulevé en cassation a été écarté.
2. Sur le bien-fondé du jugement : Le mariage posthume de Mme A... est considéré comme ayant pris effet la veille du décès de M. C... (Code civil - Article 171), ce qui signifie que le mariage cessait de produire effet à la date du décès (Code civil - Article 227). Par conséquent, Mme A... ne remplissait pas les critères pour bénéficier de la pension de réversion qui nécessite que le mariage ait eu lieu depuis au moins deux ans avant le décès.
Interprétations et citations légales
1. Sur la nature du mariage posthume :
- Code civil - Article 171 : "Le Président de la République peut, pour des motifs graves, autoriser la célébration du mariage en cas de décès de l'un des futurs époux, dès lors qu'une réunion suffisante de faits établit sans équivoque son consentement. Dans ce cas, les effets du mariage remontent à la date du jour précédant celui du décès de l'époux."
- Code civil - Article 227 : "Le mariage se dissout : 1° Par la mort de l'un des époux."
Ces articles établissent que le mariage posthume est rétroactif au jour précédant le décès, et qu'il cesse immédiatement d'être effectif le jour du décès.
2. Sur les conditions d'attribution de la pension de réversion :
- La délibération de la commune de Papeete du 25 février 1970 stipule, dans son article 5, que le mariage doit avoir duré "au moins deux ans" avant le décès pour bénéficier de la pension de réversion. Le Conseil d'État a interprété cette disposition comme imposant que le mariage ait eu lieu deux ans avant le décès de l'employé municipal et non deux ans avant la demande de réversion.
3. Rejet des moyens nouveaux :
- Le Conseil d'État a noté que les moyens invoqués par Mme A... relatifs à la méconnaissance des droits prévus par la Convention européenne des droits de l'homme étaient nouveaux. Ils ont donc été écartés comme inopérants, soulignant l’importance de présenter tous les arguments en première instance.
Ces citations et interprétations montrent la rigueur avec laquelle les règles relatives aux mariages posthumes et aux pensions de réversion sont appliquées et renforcent la décision prise par le juge.