Résumé de la décision
Le Conseil d'État a examiné la requête de M. B..., enregistrée le 28 février 2018, visant à faire ordonner des mesures d'exécution de sa décision n° 404627 du 8 novembre 2017, qui avait annulé sa révocation par le CNESER. L'université des Antilles a soutenu qu'il n'y avait plus lieu de statuer en raison d'une nouvelle décision de révocation prise à l'encontre de M. B... et a affirmé son exécution complète de la décision initiale du Conseil d'État. Le Conseil d'État a jugé que la demande d'exécution n'était pas recevable, la décision n° 404627 renvoyant l'affaire aux juges du fond, et a par conséquent rejeté la requête de M. B....
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la demande : Le Conseil d'État a considéré que la requête de M. B... ne pouvait pas être accueillie, étant donné que la décision en question avait pour effet d'annuler la révocation et de renvoyer l'affaire aux juges du fond, ce qui rendait impossible l'ordonnance de mesures d'exécution. Ce raisonnement s'appuie sur le fait que « eu égard à la nature de cette décision, qui fait droit à un pourvoi en cassation et renvoie le jugement du litige aux juges du fond, une telle demande ne saurait être accueillie ».
2. Absence d'exécution d'une décision judicielle : En conséquence de la nouvelle décision disciplinaire ayant frappé M. B..., l'université des Antilles a soutenu que la requête avait perdu son objet, ce qui a été implicitement validé par le Conseil d'État en considérant qu'il n'y avait pas lieu d'y donner suite.
Interprétations et citations légales
1. Pouvoir du Conseil d'État en matière d'exécution : Selon l'article L. 911-5 du Code de justice administrative, le Conseil d'État a la capacité de prononcer des mesures d'astreinte pour garantir l'exécution de ses décisions. Cependant, le Conseil d'État a interprété que la nature même de la décision du 8 novembre 2017 se limitait à annuler une décision antérieure et à renvoyer l'affaire aux juridictions compétentes. Ainsi, cette mention des pouvoirs d’exécution ne s'applique pas dans le contexte d'un renvoi en cassation.
2. Possibilité de recours : Le code de justice administrative, spécifiquement par l'article R. 931-2 qui permet aux parties de demander l'exécution d'une décision, a été cité pour justifier la forme de la demande. Toutefois, le Conseil d'État a mis en avant que la situation particulière de renvoi à un juge de fond rendrait une telle demande inopérante.
En somme, la décision indique une interprétation restrictive des capacités d'exécution du Conseil d'État vis-à-vis de décisions qui ne statuent pas sur le fond mais sur des questions de procédure, illustrant l'importance des rôles dévolus à chaque niveau de juridiction en matière administrative.