Résumé de la décision
La décision concerne un litige entre la société CMA-CGM et son employé protégé, M. B..., suite à une contestation de son aptitude à reprendre son poste après un arrêt maladie. En réponse à une contestation de l'avis du médecin du travail, l'inspecteur du travail a déclaré M. B... apte, recommandant un reclassement à l'essai. Toutefois, la décision a été annulée par le ministre du travail, qui a estimé qu'il n'était plus nécessaire de se prononcer sur l'aptitude du salarié car celui-ci avait été licencié entre-temps. Le tribunal administratif a annulé cette décision ministérielle, considérant que le licenciement ne diminuait pas la compétence de l'administration pour statuer sur l'aptitude. La cour administrative d'appel a confirmé cette annulation, mais la société CMA-CGM a formé un pourvoi en cassation qui a été admis, entraînant l'annulation de l'arrêt de la cour administrative d'appel au motif qu'une erreur de droit avait été commise concernant la nature de la décision ministérielle.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit : La cour administrative d'appel de Versailles a été jugée en erreur de droit en statuant que le ministre était incompétent pour se prononcer même après le licenciement de M. B.... La décision s'appuie sur la jurisprudence du Conseil d'État, qui établit que le licenciement d'un salarié protégé n'affecte pas l'autorité de l'administration à examiner la question de son aptitude.
> "la seule circonstance que le salarié en cause a été licencié est sans effet sur la compétence de l'administration pour se prononcer sur le recours prévu par l'article L. 4624-1 du code du travail."
2. Caractère indivisible de la décision ministérielle : La cour a relevé qu'en considérant la décision ministérielle du 24 avril 2010 comme indivisible, cela a conduit à une mauvaise orientation de l'affaire, privant la société CMA-CGM d'un recours approprié contre la décision inapte.
3. Renvoi de l'affaire : En annulant l'arrêt de la cour, la décision impose un renvoi de l'affaire à la cour administrative d'appel de Versailles pour qu'elle réexamine la question sans commettre d'erreur de droit.
Interprétations et citations légales
La décision repose sur plusieurs textes et principes juridiques :
- Code du travail - Article L. 4624-1 : Cet article concerne l'aptitude des travailleurs protégés et impose que les décisions administratives sur ce sujet demeurent dans le cadre de la compétence de l'administration, indépendamment du statut d'emploi du salarié concerné.
- Jurisprudence - CE, 27 juin 2011, n° 334834 : Cette décision établit clairement que l'aptitude d'un salarié protégé à son poste doit être examinée malgré un éventuel licenciement, affirmant que cela ne remet pas en cause le pouvoir de l'administration de se prononcer sur cette aptitude.
Ainsi, la décision stipule que, même après un licenciement, l'administration conserve sa compétence pour évaluer l'aptitude d'un salarié protégé, ce qui constitue un aspect fondamental de la protection de ce type de salarié dans le cadre légal et réglementaire en vigueur.