Résumé de la décision
La décision concerne la demande de M. C... à l'encontre du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et de l'Institut de France, visant à prononcer une astreinte pour non-exécution d'une décision du Conseil d'État du 3 novembre 2014. Ce dernier avait annulé un décret présidentiel nommé M. B... à la chaire d'économie et gestion de l'industrie numérique et enjoignait la reprise du processus de recrutement. Cependant, suite à une délibération du conseil d'administration du CNAM et une décision ministérielle, la chaire a été supprimée le 14 juin 2016. Le Conseil d'État conclut que l'exécution de sa décision est acquise par la suppression de la chaire, rendant ainsi sans objet la demande d'astreinte de M. C..., ainsi que ses autres conclusions.
Arguments pertinents
1. Inexécution et astreinte : Le Conseil d'État a rappelé que, selon l'article L. 911-5 du Code de justice administrative, une astreinte peut être prononcée pour assurer l'exécution d'une décision de justice. M. C... a demandé une astreinte de 500 euros par jour de retard contre le CNAM et l'Institut de France pour assurer l'exécution de la décision du 3 novembre 2014.
2. Suppression de la chaire : La décision du 14 juin 2016 de ne pas maintenir la chaire d'économie et gestion de l'industrie numérique a été considérée comme une mesure suffisante pour exécuter l'arrêt du Conseil d'État. En effet, il a été décidé que les autorités compétentes avaient pris « les mesures nécessaires pour assurer l'exécution de l'arrêt ».
3. Distinction des litiges : Le Conseil d'État a souligné que la contestation par M. C... de la légalité de la suppression de la chaire constitue un litige distinct de celui initialement tranché, justifiant le rejet de ses conclusions supplémentaires.
Interprétations et citations légales
1. Règles sur l'astreinte : L'application de l'article L. 911-5 du Code de justice administrative montre clairement que l'astreinte vise à garantir l'exécution des décisions judiciaires : « En cas d'inexécution d'une décision rendue par une juridiction administrative, le Conseil d'État peut, même d'office, prononcer une astreinte contre les personnes morales de droit public ».
2. Processus décisionnel en matière de chaire : L'article 26 du décret du 22 mai 1920 précise les procédures à suivre lorsqu'une chaire devient vacante, en impliquant l'avis du conseil d'administration et la décision du ministre : « Lorsqu'une chaire devient vacante, le conseil d'administration est appelé à donner son avis [...] qui statue. Si la chaire est maintenue sans modification, l'annonce de la vacance est insérée au Journal officiel ».
3. Séparation des litiges : L'analyse sur la distinction entre les litiges relatifs à l'exécution d'une décision du Conseil d'État et d'autres contestations est particulièrement significative. La précision lapidaire selon laquelle « cette contestation relève d'un litige distinct de celui qui a été tranché » souligne l'importance de la juridiction administrative dans la gestion de ses propres décisions et des domaines connexes.
Cette décision du Conseil d'État marque une validation de l'exécution de ses précédentes recommandations, tout en affirmant la nécessité de respecter les voies de recours appropriées pour contester les résultats d'un processus administratif comme la suppression d'une chaire universitaire.