Résumé de la décision
La décision concerne un pourvoi de M. B... A... contre une décision de la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des chirurgiens-dentistes, datée du 19 décembre 2018, qui avait prononcé une interdiction d'exercer de la profession de chirurgien-dentiste pour une durée de trois mois, dont un mois avec sursis. La formation de jugement a décidé de surseoir à l'exécution de cette décision jusqu'à ce qu'il soit statué sur le pourvoi, considérant que des conséquences difficilement réparables pouvaient résulter pour M. A... de l'exécution de la décision contestée et que le moyen d'appel soulevé était sérieux.
Arguments pertinents
1. Conséquences difficilement réparables : L'exécution de la décision de la chambre disciplinaire risque d'entraîner des conséquences irréparables pour M. A..., ce qui est un critère central pour ordonner un sursis. La formation de jugement souligne que l'impact de cette interdiction d'exercer peut gravement affecter la carrière et la réputation de M. A..., constituent donc une raison valable de surseoir à l’exécution.
2. Sérieux des moyens invoqués : Le moyen principal soulevé par M. A... concerne une méprise sur la portée de ses écritures d'appel. Il est affirmé que la chambre disciplinaire a erronément considéré que les moyens étaient identiques à ceux soulevés en première instance, ce qui pourrait mener à une annulation de la décision. Ce raisonnement se base sur l'article R. 821-5 du code de justice administrative, indiquant que des moyens sérieux justifient un sursis.
Interprétations et citations légales
Code de justice administrative - Article R. 821-5 : Cet article stipule que "La formation de jugement peut, à la demande de l'auteur du pourvoi, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution d'une décision juridictionnelle rendue en dernier ressort si cette décision risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables..." Cette disposition est fondamentale pour la présente décision, car elle définit les critères qui justifient l'octroi d'un sursis.
Interprétation : La formation de jugement interprète cet article comme imposant une double condition : d'une part, la nécessité d’une évaluation des conséquences de l'exécution de la décision, et d'autre part, la constatation de la solidité des moyens avancés par l'appelant. Cela montre une volonté de protéger les droits individuels des professionnels face à des décisions qui pourraient avoir des répercussions graves sur leur exercice.
En conséquence, le raisonnement de la formation de jugement met en lumière l'importance de l'examen des conséquences d'une décision administrative ainsi que la qualité des arguments présentés au soutien d'un recours, ce qui est cohérent avec le principe d'équité et de justice. La décision confirme donc la possibilité de sursis lorsque des éléments sérieux l'indiquent, tant sur le plan des conséquences que par rapport aux moyens de droit invoqués.