Résumé de la décision
La décision se prononce sur une question prioritaire de constitutionnalité soulevée par M. A..., qui contestait la conformité de l'ordonnance du 22 décembre 1958 portant loi organique relative au statut de la magistrature avec les droits et libertés garantis par la Constitution. Après avoir analysé la situation, le tribunal a décidé de ne pas renvoyer la question au Conseil constitutionnel, considérant que celle-ci ne présentait pas de caractère sérieux en raison de l'absence d'atteinte au droit d'accès juridictionnel et de la compétence législative.
Arguments pertinents
1. Droit à un recours effectif : Le tribunal a affirmé que l'existence d'un dispositif d'aide juridictionnelle permet de garantir le droit constitutionnel des justiciables d'exercer un recours effectif. Il a conclu que l'obligation du ministère d'avocat ne portait pas atteinte à ce droit. Cela se manifeste dans le passage : « l'obligation du ministère d'avocat ne saurait être regardée comme portant atteinte au droit constitutionnel des justiciables d'exercer un recours effectif devant une juridiction ».
2. Compétence législative : Concernant l'argument de M. A... sur l'« incompétence négative », le tribunal a expliqué que la réglementation sur le ministère d'avocat n'est pas réservée au législateur organique par la Constitution, ce qui rend sa demande infondée. Le tribunal a déclaré : « l'obligation de ministère d'avocat ou la dispense d'un tel ministère n'est pas au nombre des matières réservées au législateur organique ».
3. Caractère sérieux de la question : En se fondant sur l'analyse susmentionnée, le tribunal a conclu que la question soulevée ne présentait pas de caractère sérieux, ce qui a conduit à la décision de ne pas la renvoyer au Conseil constitutionnel. Il a affirmé : « la question prioritaire de constitutionnalité soulevée ne présente pas un caractère sérieux ».
Interprétations et citations légales
1. Article 61-1 de la Constitution : Cet article permet de saisir le Conseil constitutionnel d'une question de constitutionnalité, à condition que la disposition soit applicable, conforme à la Constitution, et que la question soit nouvelle ou sérieuse. Le tribunal a appliqué les critères définis par cet article pour évaluer la demande de M. A...
2. Ordonnance n° 58-1270 du 22 décembre 1958 - article 23-5 : Il stipule les conditions de levée de pouvant engager une question prioritaire de constitutionnalité devant le Conseil d'État. Le tribunal a veillé à respecter ces prescriptions en indiquant que la question soulevée par M. A... n'était ni nouvelle ni sérieuse, ce qui entraîne leur décision de ne pas renvoyer la question.
3. Déclaration des droits de l'homme et du citoyen - Article 16 : Cet article garantit le droit d'accès à une juridiction. Le tribunal a analysé que l'aide juridictionnelle et d'autres dispositions existent pour garantir ce droit, affirmant que l'absence de dispense du ministère d'avocat ne violait pas cet article.
La décision énonce clairement que la base juridique invoquée par le requérant ne parvient pas à démontrer une atteinte aux droits constitutionnels, renforçant ainsi la position que le cadre législatif en place est suffisant pour assurer les droits des justiciables.