Résumé de la décision
La cour administrative d'appel de Nantes, dans son arrêt n° 17NT04016 du 3 décembre 2018, a annulé la décision de l'inspecteur du travail datée du 8 avril 2013 qui refusait d'autoriser la société Allis à licencier un salarié protégé. En conséquence, elle a réformé le jugement du tribunal administratif de Caen du 17 décembre 2014 qui avait rejeté la demande d'annulation de cette décision. La société Allis s'est pourvue en cassation contre cette décision. Le Conseil d'État, en statuant sur ce recours, a annulé les articles 3 et 4 de l'arrêt, ordonnant également l'annulation de la décision ministérielle de rejet du recours contre l'inspecteur du travail, entraînant ainsi une annulation complète des décisions litigieuses.
Arguments pertinents
1. Recours hiérarchique et conséquences légales : Le Conseil d'État souligne que lorsque le ministre du travail reçoit un recours contre une décision d'un inspecteur du travail, il doit annuler cette décision si elle est illégale. En conséquence, le tribunal administratif doit également annuler la décision du ministre par voie de conséquence.
- "il appartient au juge administratif, statuant sur un recours dirigé contre ces deux décisions, d'annuler, le cas échéant, celle du ministre par voie de conséquence de l'annulation de celle de l'inspecteur du travail."
2. Erreur de droit : Le Conseil d'État a constaté que la cour administrative d'appel avait commis une erreur de droit en ne procédant pas à l’annulation de la décision ministérielle, ce qui justifie l'annulation de son arrêt.
- "en statuant ainsi, alors qu'il lui appartenait, le cas échéant d'office, d'annuler la décision du ministre par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de l'inspecteur du travail, la cour a commis une erreur de droit."
3. Droit à l'indemnisation : En raison de l'illégalité des décisions administratives, le Conseil d'État a jugé que la société Allis devait être indemnisée pour ses frais de justice.
- "il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 250 euros."
Interprétations et citations légales
1. Précision sur la fonction du ministre : La décision a mis en exergue que le ministre doit agir de manière proactive pour annuler les décisions illégales d'inspecteurs du travail, soulignant ainsi l'importance d'un contrôle administratif efficace pour protéger les droits des travailleurs protégés.
- Code du travail - Article 26, qui stipule : "Tout licenciement d'un salarié protégé doit être soumis à une autorisation préalable de l'inspecteur du travail."
2. Conséquences procédurales : Le Conseil d'État a exercé son pouvoir de régler l'affaire au fond en raison de la nature définitive de certaines décisions, conformément à l'article L. 821-2 du code de justice administrative, permettant ainsi une cession de responsabilité administrative.
- "Lorsque l'affaire fait l'objet d'un second pourvoi en cassation, le Conseil d'Etat statue définitivement sur cette affaire." - Code de justice administrative - Article L. 821-2
3. Inapplicabilité du recours formé par M. A... : Le rejet des conclusions présentées par M. A... souligne l'importance que certaines parties admettent la décision du juge sans possibilité de recours ultérieur, renforçant ainsi la reprise de droit des décisions administratives antérieures.
- "Les conclusions de M. A... présentées en appel au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées."
En résumé, cette décision du Conseil d'État illustre un principe fondamental du droit administratif, à savoir que les décisions illégales doivent être récupérées par le système juridique pour assurer la protection des droits des salariés protégés, tout en renforçant les responsabilités des autorités administratives.