Résumé de la décision :
La décision analysée concerne la requête de M. A..., doyen de la faculté de droit et sciences politiques de l'université de Montpellier, qui conteste la légalité de sa suspension de fonction, prononcée par le président de l'université suite à des événements violents survenus dans l'enceinte de l'établissement. Le président a prolongé cette suspension à plusieurs reprises, et M. A... demande son annulation pour excès de pouvoir. Après avoir examiné les arguments, le tribunal rejette la requête, confirmant que la suspension était justifiée dans l'intérêt du service public et que les conditions légales étaient remplies.
Arguments pertinents :
1. Compétence de l'autorité administrative : La décision de suspension prise par le président de l'université était valide puisqu'il disposait d'une délégation de pouvoir du ministre, conformément à l'arrêté du 10 février 2012. M. A... ne pouvait donc pas revendiquer une incompétence de l'autorité ayant pris la décision.
- Citation pertinente: "le président de l'université de Montpellier disposait d'une délégation permanente de signature du ministre pour prendre, au nom de l'Etat, les décisions attaquées."
2. Caractère vraisemblable et grave des faits : Les éléments accusant M. A... de participation aux actes violents étaient jugés suffisamment sérieux au moment de la décision de suspension, justifiant ainsi la mesure conservatoire.
- Citation pertinente: "la participation de M. A... aux événements violents survenus [...] revêtait, à la date de la décision litigieuse, un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité."
3. Impératif de préservation de l'intérêt du service : La décision de suspension était nécessaire pour garantir le bon fonctionnement de l'université, compte tenu de l'émotion suscitée par les événements.
- Citation pertinente: "la suspension de M. A... était encore à cette même date nécessaire au déroulement normal des activités d'enseignement au sein de l'université."
4. Impartialité de la décision : Le tribunal souligne que la suspension ne porte pas sur la culpabilité de M. A..., mais vise à préserver l'intérêt du fonctionnement de l'université, limitant ainsi toute atteinte à l'impartialité supposée du président.
- Citation pertinente: "la décision de suspension litigieuse n'a pas pour objet de se prononcer sur la responsabilité de M. A... dans les faits en cause."
Interprétations et citations légales :
1. Code de l'éducation - Article L. 951-4 : Cet article permet au ministre chargé de l'enseignement supérieur de suspendre un membre du personnel pour une durée n'excédant pas un an, sans traitement, à condition que les faits soient sérieux et nuisent à l'administration du service :
- Citation: "Le ministre chargé de l'enseignement supérieur peut prononcer la suspension d'un membre du personnel de l'enseignement supérieur pour un temps qui n'excède pas un an, sans suspension de traitement."
2. Arrêté du 10 février 2012 : Concernant la délégation de pouvoirs pour le recrutement et la gestion des personnels enseignants, il confirme l'autorité du président de l'université dans ce cadre, rendant valides ses décisions de suspension.
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article stipule que les frais de justice ne sont pas remboursés par l'administration lorsque le recours est rejeté. Cela soutient le rejet des conclusions de M. A... concernant le remboursement des frais de justice.
- Citation: "La requête de M. A... doit être rejetée, y compris, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative."
Ces éléments montrent que la décision du tribunal se fonde sur une interprétation stricte des textes législatifs et un examen minutieux des circonstances entourant la suspension de M. A..., tout en respectant les droits et les exigences de fonctionnement des services publics d'enseignement supérieur.