Résumé de la décision
Dans cette décision rendue par le Conseil d'État, M. C... conteste la décision du directeur du centre hospitalier de Nevers datée du 21 décembre 2012 qui a arrêté le tableau d'avancement au grade d'agent de maîtrise principal, en excluant sa candidature. Il demande l'annulation de cette décision et l'octroi d'une indemnité de 1 000 euros pour préjudices subis. Le tribunal administratif de Dijon ayant rejeté sa demande, M. C... se pourvoit en cassation. Le Conseil d'État annule le jugement du tribunal administratif en raison d'une irrégularité dans le déroulement de la commission administrative paritaire et renvoie l'affaire à ce même tribunal. De plus, le Conseil d'État condamne le centre hospitalier de Nevers à verser 3 000 euros à M. C... au titre des frais engagés.
Arguments pertinents
1. Irrégularité et influence sur la décision : La décision du tribunal administratif de Dijon a été annulée en raison d'une irrégularité dans la composition des votes. En effet, une personne non membre de la commission a participé aux débats. Le Conseil d'État indique que malgré la majorité des votes, la présence non autorisée aurait pu influencer le résultat, affirmant que « le déplacement d'une voix aurait eu pour effet de ramener le nombre de voix favorables et défavorables à égalité dans chacun des votes. »
2. Application des principes de la procédure administrative : Le Conseil d'État souligne que les actes administratifs, pour être valides, doivent être réalisés en conformité avec les procédures prévues. L'article 70 de la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011 stipule que « seules les irrégularités susceptibles d'avoir exercé une influence sur le sens de la décision prise au vu de l'avis rendu... peuvent être invoquées à l'encontre de la décision. »
Interprétations et citations légales
1. Article 70 de la loi n° 2011-525 : Cet article précise que l'irrégularité d'une procédure préalable n'entache la décision d'illégalité que si elle a pu exercer une influence. Ce principe se fonde sur l'idée que la légalité d'un acte administratif doit être évaluée non seulement à l'aune des règles de procédure, mais aussi par rapport à leur impact potentiel sur le résultat.
> « Lorsque l'autorité administrative, avant de prendre une décision, procède à la consultation d'un organisme, seules les irrégularités susceptibles d'avoir exercé une influence sur le sens de la décision prise au vu de l'avis rendu peuvent, le cas échéant, être invoquées à l'encontre de la décision. »
2. Décret n° 2003-655 du 18 juillet 2003 : Ce texte encadre les commissions administratives paritaires, contenant des règles sur la composition et le déroulement de leurs travaux. L'article 4 précise que les commissions doivent inclure un nombre égal de représentants de l’administration et du personnel, garantissant ainsi l'équilibre et la légitimité des décisions prises.
> « Les commissions administratives paritaires comprennent en nombre égal des représentants de l'administration et des représentants du personnel. »
En conclusion, le Conseil d'État a mis l'accent sur la légitimité et la conformité des procédures de prise de décision au sein des institutions publiques, tout en réaffirmant l'importance des droits des agents de la fonction publique à un traitement équitable et régulier dans les procédures administratives.