Résumé de la décision
La décision concerne un recours du ministre des affaires sociales et de la santé contre un arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles qui avait annulé un arrêté pris par le préfet de la Seine-Saint-Denis. Cet arrêté visait à interdire à la société SICAM d’utiliser un local industriel loué à des fins d’habitation, en raison de problèmes de santé liés à l’humidité et à la moisissure. La Cour a annulé l'arrêt du 9 février 2016, considérant que l’arrêté préfectoral était conforme aux normes établies par le Code de la santé publique et respectait les conditions légales.
Arguments pertinents
1. Danger pour la santé : La cour a souligné que l'arrêté préfectoral de 2013 était fondé sur le constat d'un danger pour la santé des occupants, lié à l'usage inapproprié du local à des fins d’habitation. L'article L. 1331-24 du code de la santé publique stipule que le représentant de l'État peut enjoindre des mesures dans ce contexte : « Lorsque l'utilisation qui est faite de locaux ou installations présente un danger pour la santé ou la sécurité de leurs occupants... »
2. Erreur de droit : La cour administrative d’appel a erré en annulant l’arrêté en considérant qu’il ne respectait pas les prescriptions de l’article L. 1331-24. Or, l’arrêté contenait des mesures visant à mettre fin à l'utilisation jugée nuisible, confirmant ainsi sa légalité.
3. Prescriptions édictées : En prenant cette décision, le préfet a édicté des prescriptions au sens de l'article L. 1331-24, tenant compte des risques sur la santé des occupants liés à l'utilisation détournée du local. La décision souligne que la formulation des prescriptions et l’injonction de mise en conformité étaient suffisantes pour être acceptées dans le cadre légal.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 1331-24 du Code de la santé publique : Cet article permet à l'État d'agir lorsqu'il existe un danger pour la santé des occupants. La décision a mis en avant que le préfet, par son arrêté, a correctement utilisé son pouvoir pour protéger la santé publique. La citation pertinente est : « [...] il peut enjoindre à la personne qui a mis ces locaux ou installations à disposition [...] de rendre leur utilisation conforme aux prescriptions qu'il édicte [...] ».
2. Article L. 1331-26 du Code de la santé publique : Ce texte traite de l'insalubrité des immeubles et du pouvoir de l’État d’évaluer et de réagir face à cette insalubrité. Le préfet a suivi le processus prévu en matière d’insalubrité, justifiant ainsi sa décision : « [...] invite la commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques à donner son avis [...] ».
3. Erreur de fond sur les implications de l’arrêté : La Cour a considéré, à tort, que l’arrêté ne contenait pas de prescriptions contraignantes, alors que celui-ci visait précisément à « faire cesser définitivement son occupation aux fins d'habitation » et à « supprimer les aménagements sanitaires et la cuisine ». Ces prescriptions sont essentielles pour garantir la sécurité et la santé des occupants dans le contexte légal énoncé par le Code de la santé publique.
En conclusion, la décision de la Cour suprême a réaffirmé le pouvoir du préfet d'agir pour protéger la santé publique en matière d'occupation inadéquate de locaux industriels, rappelant ainsi la portée des textes applicables dans des situations où la santé des occupants peut être compromise.