Résumé de la décision
Dans un litige opposant Mme C... à l'Office public interdépartemental de l'Essonne, du Val-d'Oise et des Yvelines (OPIEVOY), le Conseil d'État a rejeté le pourvoi de Mme C... qui demandait l'annulation d'un jugement du tribunal administratif de Versailles. Ce jugement, rendu le 27 mai 2019, avait rejeté ses conclusions visant à obtenir une indemnisation suite au refus de l'OPIEVOY de lui attribuer un logement social, décision déclarée illégale par un jugement antérieur. Le Conseil d'État a estimé que la demande d'indemnisation ne relevait pas de sa compétence en raison de la nature du litige et que le tribunal administratif avait correctement jugé que le refus d'attribution de logement était justifié par les ressources de la requérante.
Arguments pertinents
1. Compétence du Conseil d'État : Le Conseil d'État a réaffirmé que les litiges relatifs aux droits au logement, y compris les demandes d'indemnisation, relèvent de la compétence du tribunal administratif, car "des conclusions tendant à l'indemnisation des préjudices résultant de la décision par laquelle un bailleur social refuse d'attribuer un logement social relèvent des litiges relatifs aux droits attribués au titre du logement".
2. Justification du refus d'attribution : Le tribunal administratif a conclu que le refus d'attribuer le logement à Mme C... était justifié, notamment en raison de "l'inadéquation entre le loyer et les ressources de cette dernière". Le Conseil d'État a soutenu que le tribunal avait examiné correctement si la même décision aurait pu légalement être prise, et a reconnu que "le tribunal a porté, sur les pièces du dossier qui lui étaient soumis, une appréciation souveraine exempte de dénaturation".
Interprétations et citations légales
- Compétence de juridiction : L'article R. 811-1 du code de justice administrative précise que le tribunal administratif statue en premier et dernier ressort sur les litiges relatifs au logement. Cette disposition a été interprétée de manière à confirmer que les actions indemnitaire concernant le logement relèvent exclusivement de la juridiction administrative, sans appel possible.
- Principe de motivation des décisions administratives : Le Conseil d'État a précisé que, dans le cadre d'une indemnisation pour préjudice subi à cause d'une décision administrative illégale, le juge est tenu de déterminer si cette décision aurait pu être légalement prise. Cela s'appuie sur le principe que si une décision aurait pu être maintenue sur d'autres bases légales valides, le lien de causalité entre l'illégalité et le préjudice allégué est rompu.
- Justification du refus d'attribution : La décision de l'OPIEVOY s'appuyait sur une inadéquation entre les ressources de Mme C... et le montant du loyer demandé, ce qui est en ligne avec l'article R. 811-1 du code de justice administrative. Cela signifie que les critères d'attribution de logements sociaux doivent nécessairement tenir compte des ressources des demandeurs.
Le Conseil d'État a donc jugé que le tribunal administratif avait juridiquement et factuellement justifié son rejet de la demande d'indemnisation faite par Mme C..., et a rejeté l'ensemble des conclusions de sa requête.